A ceux qui n’ont pas compris qu’il leur fallait changer de logiciel

« Cours camarade, le vieux monde est derrière toi ! ». Dommage que les soixante-huitards et leurs héritiers aient oublié ce slogan fétiche vieux de cinquante ans !

Qu’ils soient apôtres de la bienpensance, professionnels du politiquement correct, adeptes de l’indignation sélective, bref tous ceux qui se trouvent, par définition, dans le camp du bien, devraient ôter leurs œillères et regarder le monde tel qu’il est et non tel qu’ils se l’imaginent. Un monde où il y aurait les méchants d’un côté(les autres nécessairement) et les bons (les victimes supposées !).

Cette vision manichéenne(ou simpliste) de la société si elle est rassurante pour l’esprit est bien éloignée de la réalité. Le mythe du Bon sauvage de Rousseau a fait long feu. Dans un monde qui prétend vouloir lutter contre le racisme en stigmatisant « le mâle blanc », émettre une opinion contraire à la doxa fait de vous un paria. Courageux sont ceux qui osent aller à contre-courant !

Prenons l’affaire Théo. Ce jeune d’Aulnay-sous-Bois dont l’interpellation musclée le 2 février 2017 allait provoquer une énorme émotion dans le pays. La presse s’enflamme. De violentes manifestations éclatent en Seine-Saint-Denis et dans plusieurs villes de France. Un comité de soutien  « Justice pour Théo » voit le jour. Des personnalités signent une pétition. Il s’agit de dénoncer les violences policières avec d’autant plus de force que la « victime » supposée, d’origine congolaise, se plaint d’avoir été violée. François Hollande se rend à son chevet pour lui témoigner son soutien et sa solidarité. Comme il l’avait fait pour Léonarda !

La police est montrée du doigt. Mise en accusation. Les quatre fonctionnaires sont immédiatement suspendus par le ministre de l’Intérieur de l’époque, le socialiste Bruno Le Roux. Une sanction disciplinaire qui résonne comme une présomption de culpabilité. D’ailleurs le policier dont le bâton télescopique a causé les blessures annales est mis en examen pour viol, les trois autres pour violences aggravées.

Un an après, changement de décor. Entendu une nouvelle fois par les enquêteurs Théo n’est pas du tout sûr que les policiers lui ont volontairement baissé le pantalon. Il reconnaît que le bas de son survêtement était trop grand et qu’il a pu glisser de lui-même lors de l’échauffourée. Une vidéo rendue publique fin janvier 2018 montre un contrôle d’identité qui dégénère. On y voit un colosse que les quatre policiers n’arrivent pas à maîtriser et qui perd son pantalon dans la bagarre. De plus, une expertise médicale rendue en février 2018 conclut que Théo n’a pas été violé avec la matraque comme il le prétendait.

Grossière manipulation

Bref tout l’échafaudage de mensonges s’écroule. Le battage médiatique fait autour de l’affaire Théo n’était que du vent ! Il fallait mobiliser l’opinion publique, en cette période de campagne pour les présidentielles, contre « les violences policières ». Et le pouvoir de l’époque s’est prêté à cette grossière manipulation, à cette mascarade indigne d’une démocratie! Mais peut-on parler de démocratie lorsque le débat se déroule non pas dans des enceintes judiciaires mais sur les plateaux de télévision. Et lorsque ceux qui mènent le débat se comportent en accusateurs publics ?

Pour couronner le tout on apprend que le jeune Théo et cinq de ses proches ont été placés en garde à vue. Une information a été ouverte pour « escroquerie en bande organisée au préjudice d’un organisme chargé d’une mission de service public, d’abus de confiance et de blanchiment ». Plus précisément il est reproché aux mis en cause d’avoir détourné à leur profit des fonds destinés à l’association de réinsertion « Aulnay-Events » dirigée par le frère ainé de Théo. Celle-ci avait touché pas moins de 678 000 euros de subventions par le biais des fameux « contrats d’avenir » entre janvier 2014 et juin 2016.

A ceux qui seraient tentés de voir dans cette affaire une basse manipulation politico-judiciaire, précisons qu’une enquête préliminaire avait été ouverte par le parquet de Bobigny en juin 2016 soit huit mois avant que n’éclate l’affaire qui avait défrayé la chronique. Et que l’inspection du travail avait été alertée dés 2015 sur certaines irrégularités dans la gestion des subventions accordées par l’Etat.

De l’information judiciaire ouverte par le parquet en septembre 2017 il ressortait que la majorité des salariés n’avait pas été payée et que l’association n’était pas en règle de ses cotisations à l’Urssaf. En épluchant les comptes bancaires les enquêteurs ont découvert que 170 000 euros au total avaient été versés à plusieurs membres de la famille de Théo. Celui-ci empochant pour sa part la coquette somme de 52 000 euros. De victime présumée Théo est-il aujourd’hui devenu coupable avéré ? Laissons à la justice le soin de trancher.

D’aucuns auraient pu penser que la médiatisation excessive de l’affaire allait mettre le jeune Aulnaysien à l’abri de toute poursuite judiciaire. C’est sans doute ce qu’espéraient ses proches et ses soutiens. Comme quoi il ne faut jamais prendre ses désirs pour des réalités !