Comment en finir avec l’invasion migratoire ?

La question des migrants est au cœur des préoccupations des Français, comme des Européens, voire du monde occidental. Dernier exemple en date les 629 migrants de l’Aquarius déclarés indésirables dans les ports italiens et maltais. Si les conséquences de l’arrivée massive de ces populations venues principalement d’Afrique sont bien connues, les gouvernants se montrent en revanche bien incapables de stopper cette invasion migratoire.

La question de « l’immigration incontrôlée et de la menace qu’elle pose à la sécurité nationale » était à l’ordre du jour du dernier G7 qui s’est tenu les 8 et 9 juin au Canada. Dans sa déclaration finale Donald Trump souligne : « Nous nous sommes engagés à résoudre le défi migratoire en aidant les migrants à rester et prospérer dans leur propre pays natal ». Une louable intention, certes, mais qui ne répond pas à la question essentielle du « Comment ? ».

Spécialiste de l’Afrique, Stephen Smith va à l’encontre des idées reçues dans son livre « La ruée vers l’Europe *». Pour lui le co-développement est un facteur aggravant du phénomène migratoire. Il considère même que « ce faisant, les pays riches se tirent une balle dans le pied ». Et d’expliquer : «En effet, du moins dans un premier temps, ils versent une prime à la migration en aidant des pays pauvres à atteindre le seuil de prospérité à partir duquel leurs habitants disposent des moyens pour partir et s’installer ailleurs ».

Ce ne sont pas en effet les plus pauvres qui fuient leur pays. Les sommes exigées par les passeurs pour une traversée depuis la Libye varient en effet de 1 000 à 8 000 euros. A comparer au salaire moyen d’un Ivoirien ou d’un Tchadien qui est de 91 euros et de 48 euros pour un Malien. « Pour partir il faut des diplômes, un petit pactole, un esprit qui permette d’échapper à une vision étriquée.. » explique Stephen Smith qui en tire une inquiétante conséquence : « Ce sont donc les forces vives qui s’en vont. Il ne faut pas craindre de le dire, sans le stigmatiser : le migrant est un défaitiste qui ne croît pas au concept de « l’Afrique qui gagne ». Si lui qui a la tête hors de l’eau s’en va, alors que faire ? ». Et c’est là précisément le problème de l’Afrique… qui est aussi le nôtre !

Comment donc sortir de ce piège ? Quelle solution inventer ? Entre l’ouverture totale des frontières aux migrants comme cela fut le cas en Allemagne en 2015 et une Europe forteresse qui sécuriserait ses frontières, en passant par un retour à une politique post-coloniale avec des contrats de « gestion partagée » conclus avec les chefs d’Etat africains, toutes les options sont possibles. Aucune pourtant n’est satisfaisante.

Boom démographique sans précédent

Quoiqu’il en soit il est plus qu’urgent d’agir. Deux millions d’Africains ont déjà traversé la Méditerranée depuis dix ans. Si rien n’est fait le flux migratoire va s’amplifier au cours des prochaines années. L’Afrique connaît un boom démographique sans précédent. 40 % de la population africaine a moins de 15 ans et 80 % moins de 26 ans. Autant dire que les candidats au départ vont se faire de plus en plus nombreux parmi les jeunes.

Une étude de l’ONU publiée en 2000 prévoyait que pour maintenir la population de l’union européenne au niveau qui était le sien en 1995, l’Europe devrait accueillir chaque année 950 000 Africains jusqu’en 2050. Pire encore, il lui faudrait recevoir 1,6 million d’immigrés par an – soit pratiquement le double des années 90- pour stabiliser sa population active. Contrairement à l’Afrique, la population en Europe ne cesse de décroître. Alors que le Vieux Continent représentait un quart des habitants de la planète en 1900, il représente aujourd’hui moins de 10 % de la population mondiale. Une remarque en passant. Pourquoi les pays européens ne se lancent-ils pas dans des politiques natalistes ? Une question qui demeure actuellement sans réponse.

Dans son ouvrage, Stephen Smith tord le cou à l’idée reçue selon laquelle l’Europe en général et la France en particulier doit faire appel à l’immigration faute de main d’œuvre : « En vérité il n’y a pas de contrainte du tout, l’immigration massive de jeunes Africains n’est ni nécessaire, ni utile pour une raison impérative : leur venue n’améliorerait en rien le ratio de dépendance sur le Vieux Continent ». Et de conclure : « En 2060, malgré la venue de 86 millions d’étrangers en Europe, l’Allemagne aurait toujours 15 millions d’habitants de moins qu’en 2010, alors que la France, sans recours à plus d’immigration verrait sa population croitre de 5%. Dés lors comment justifier l’a priori selon lequel il serait mieux d’intégrer des étrangers plutôt que de donner envie aux résidents d’avoir plus d’enfants ? ». Une question qui mérite réflexion en effet !

*  L’ouvrage « La ruée vers l’Europe » de Stephen Smith est paru chez Grasset en février 2018 (272 pages, 19,50 euros).