Etre policier en Socialie, c’est avoir une vocation de martyr !

La dramatique affaire de Viry-Châtillon (Essonne) confirme tragiquement le sentiment d’abandon que ressent la police. Le pouvoir redoute plus la mort d’un délinquant que celle d’un policier. Et les « sauvageons » comme les appelle pudiquement Bernard Cazeneuve le savent bien.

A l’heure où nous écrivons ces lignes, un adjoint de sécurité de 28 ans se trouve toujours entre la vie et la mort après l’attaque sauvage au cocktail molotov, dont il a été la victime le 8 octobre dans la tristement célèbre cité de la Grande Borne. Ce jeune policier et sa collègue, une mère de famille de trois enfants âgée de 39 ans, auraient péris carbonisés dans leur véhicule dont les portières avaient été bloquées par leurs agresseurs sans l’intervention courageuse de deux de leurs collègues appelés en renfort dont le véhicule a également été incendié. « Une affaire qui aurait été impensable il y a seulement cinq ans » assure un policier mais qui n’est pourtant pas une première cette année. Au mois de mai dernier, à Paris, quai de Valmy, un véhicule de police dans lequel se trouvaient deux policiers avait été attaqué au cocktail molotov et incendié en marge d’une manifestation de policiers dénonçant « la haine anti-flics ». Un drame évité de justesse grâce à la présence d’esprit d’un des policiers qui après avoir extirpé sa collègue du brasier avait tenu à distance ses agresseurs sans faire usage de son arme, alors qu’il était en état de légitime défense.

Un scénario bien rôdé

Et c’est bien cela que Bernard Cazeneuve avait tenu à souligner en rendant hommage au « sang-froid » du policier. La légitime défense ça existe pourtant. Mais les gardiens de la paix hésitent avant de sortir leur arme. « On se pose beaucoup de questions » explique l’un d’eux au micro de Jean-Jacques Bourdin (RMC) en s’interrogeant sur le sort qui aurait été réservé par les médias à ses collègues s’ils avaient tiré sur leurs agresseurs.

Le scénario est bien rodé qui commence avec l’ouverture d’une enquête par l’IGS. Les policiers auraient été suspendus et placés en garde à vue pour être entendus sur les circonstances de l’affaire qui aurait évidemment fait l’ouverture des journaux télévisés et les gros titres des journaux. On aurait entendu les protestations indignées des associations spécialisées dans la défense des droits de l’homme, des immigrés et autres mouvements contestataires de l’ultra-gauche. La droite aurait, bien sûr, pris partie pour la police. Cazeneuve aurait fait semblant, sous la pression de la base, d’apporter son soutien aux policiers. Mais juste ce qu’il faut pour ne pas déplaire à une certaine partie de son électorat qui aurait, bien évidemment, crié au racisme.

Les policiers sous la pression constante de leur hiérarchie et du politiquement correct sont ainsi condamnés à subir la loi des cités. A endurer une situation insupportable dans une République digne de ce nom s’ils ne veulent pas voir leur carrière brisée nette. Et si pour leur malheur ils tombent dans un guet-apens comme à Viry-Châtillon mieux vaut pour eux qu’ils périssent dans les flammes plutôt que de « mettre en danger » la vie d’un citoyen, fusse-t-il un délinquant. C’est bien ce qu’il faut comprendre à travers les déclarations aussi mièvres qu’éculées du ministre de l’intérieur et des coups de menton (faussement) martiaux du premier ministre. Car rien ne serait plus néfaste politiquement pour eux qu’une malencontreuse « bavure » à quelques mois des élections !