L’Eure-et-Loir, terre de djihad

Comme un coup de tonnerre ! Nombreux ont été les Euréliens stupéfaits en apprenant qu’un Chartrain faisait partie des tueurs psychopathes du Bataclan. L’horreur du massacre commis par Ismael Omar Mostefai, glace d’effroi. Comment ce jeune père de famille de 29 ans, au passé de petit délinquant, a-t-il pu devenir un djihadiste ? On nous dit que c’est au contact d’un imam de la mosquée de Lucé qu’il se serait radicalisé. Certes ! Mais combien sont-ils à avoir suivi cette dérive islamiste en Eure-et-Loir? Car si les projecteurs de l’actualité dramatique de ce 13 novembre se sont braqués sur lui, Mostefai n’est pas un cas isolé dans le département.
En juin 2015, Sofiane Sankawi qui, lui aussi, avait grandi dans le quartier de la Madeleine à Chartres était tué au front en Syrie. Etudiant en mathématiques à l’université d’Orléans ce jeune, âgé d’à peine plus de 20 ans, était promis à un brillant avenir d’enseignant. Sa famille, ses proches croyaient qu’il se trouvait à Dubai alors qu’il avait rejoint les rangs de Daesch. Au mois de janvier dernier, c’est une collégienne de 14 ans, originaire de l’Afrique de l’ouest, qui un beau matin quittait le domicile familial avec 300 euros en poche pour prendre la direction de la Belgique. Là, elle sera prise en main par une filière de l’organisation islamiste qui l’enverra en Syrie. En juin 2014, c’est le Drouais Toufik Bouallag, 30 ans, surnommé « Toufik le fou » qui était arrêté à l’aéroport de Berlin au retour d’un séjour en Syrie. Pas particulièrement discret, l’homme avait été repéré pour s’être exhibé dans une vidéo tenant une kalachnikov à la main. Mais pour ces cas connus de djihadistes partis rejoindre l’Etat islamique, combien de terroristes en puissance dans le département ? Combien sont-ils à les approuver, à souhaiter ouvertement l’application de la charia en France ? Certes si tous les musulmans ne sont pas des terroristes, il est incontestable que tous les terroristes sont des musulmans. D’après nos informations il y aurait entre 10 et 15 individus faisant l’objet d’une fiche S en Eure-et-Loir. A savoir des gens- comme c’était le cas pour Mostefai-susceptibles de mettre en danger la sûreté de l’Etat. Un chiffre qui nous paraît ridiculement bas et qui sera nécessairement revu à la hausse dans les semaines et les mois qui viennent. Les opérations déjà conduites dans divers secteurs du département par les effectifs de la police et de la gendarmerie et celles qui auront lieu encore dans le cadre de l’état d’urgence vont nécessairement y contribuer.