Eure-et-Loir : le département veut abandonner une partie de ses routes

L’entretien des routes coûte cher au département. Avec ses 7 523 kilomètres de routes départementales, l’Eure-et-Loir a le réseau routier le plus important de France. En moyenne 3 000 kms de plus qu’un département de même envergure. En ces temps de vaches maigres où l’Etat réduit considérablement son aide aux collectivités territoriales, le département se voit contraint de revoir ses dépenses dans tous les domaines.

Pour l’Eure-et-Loir, la baisse de la DGF (dotation globale de fonctionnement) atteint cette année 27 millions d’euros, soit sensiblement le montant de l’enveloppe budgétaire de 28 millions consacrée par le département à l’entretien de son réseau routier.

« Le conseil départemental est à la recherche de 17 millions d’euros » confie Joël Billard, vice-président en charge de la commission infrastructures et mobilité. Même en rognant sur les grosses infrastructures, en différant des déviations pourtant programmées, le compte n’y est pas. Aussi le département a-t-il décidé de se délester d’une partie du réseau routier dont il est en charge aujourd’hui.

Pour ce faire le conseil départemental a entrepris d’organiser, canton par canton, des rencontres avec les maires et élus municipaux « pour engager une démarche de réflexion sur l’évolution du réseau » comme l’explique Albéric de Montgolfier, président du conseil départemental d’Eure-et-Loir. Une démarche réalisée en concertation avec les communes et les agglomérations qui doit durer jusqu’à l’été 2016. « Nous devons réorganiser le réseau routier en ré-identifiant les itinéraires prioritaires » explique Joël Billard qui ne cache pas que « pour optimiser le réseau, l’objectif serait de retrancher environ 1 500 kilomètres au réseau départemental ».

Les maires se trouvent mis ainsi dans l’obligation de repenser leur voirie communale en désignant les routes prioritaires, celles où passent les cars scolaires notamment, par rapport à d’autres qui n’ont plus de raison d’être et qu’on pourra donc supprimer.

C’est ainsi que nombre de routes qui dépendent aujourd’hui de la voirie départementale seront déclassées en voies communales et chemins ruraux. Des déclassements qui se feront soit avec remise en état de la chaussée soit sans remise en état mais avec soulte. De beaux débats en perspective dans les conseils municipaux !