Faut-il avoir peur des écologistes ?

Réchauffement climatique, extinction des espèces, pollution atmosphérique, OGM, élevage intensif… les Verts profitent de la crise du coronavirus pour pousser leurs thèmes habituels.

Il est loin le temps où les écolos passaient pour de doux dingues, des idéalistes et des rêveurs. En quelques années l’écologie s’est installée dans le paysage comme une force politique. Aux dernières municipales, une vague verte a déferlé sur la France. De grandes villes comme Lyon, Bordeaux, Strasbourg ou Tours sont aujourd’hui administrées par des maires écolos. Il y a de quoi s’inquiéter !

L’écologie politique, très active, ne s’embarrasse pas de la réalité scientifique. Pour les adeptes de cette religion nouvelle où se côtoient écolos « historiques », décroissants, anticapitalistes, collapsologues et autres survivalistes, « le monde d’après » ne devra en rien ressembler au monde industrialisé que nous connaissons. Un retour à la nature où l’on privilégiera les énergies naturelles et renouvelables, comme l’eau, le vent, le soleil à l’énergie nucléaire.

Ah, le nucléaire ! Que de mensonges a-t-on pu lire à son sujet ! On l’a accusé d’être polluant et dangereux alors que les centrales nucléaires qui produisent l’électricité n’ont qu’une faible empreinte carbone contrairement aux centrales électriques qui émettent du CO². C’est sous la pression du puissant lobby écologiste et en application des engagements de campagne du candidat Macron que l’on a procédé l’année dernière à l’arrêt des réacteurs de la centrale nucléaire de Fessenheim. Plus qu’une faute, un crime pourrait-on dire ! « Si l’on était méchant on apposerait sur le dos des activistes anti-Fessenheim l’étiquette infamante d’« écocide »qu’ils souhaitent voir entrer dans le Code pénal » écrit Etienne Gernelle dans un édito du Point (N° 2497).

Ces gourous autoproclamés « défenseurs de la planète » savent jouer habilement sur les peurs et utiliser à leur profit tous les phénomènes d’ordre météorologique ou naturel. La crise du Covid a été pour eux une bénédiction. « La nature nous envoie un message, a solennellement déclaré Nicolas Hulot. C’est un ultimatum ! ». Le mouvement « Nous voulons des coquelicots » qui milite pour l’abolition des pesticides de synthèse voit « sans surprise, mais avec dégoût, des parallèles évidents entre la crise du coronavirus et l’expansion sans fin des pesticides ».

Contre-vérités

Nous sommes en mars 2020, le confinement vient tout juste de commencer. Les scientifiques du monde entier s’interrogent sur la propagation du virus, mais les défenseurs des coquelicots ont leur petite idée. « Le Covid-19 peut voyager sur des particules, dont celles de pesticides » affirment-ils dans une tribune publiée dans Le Monde. Pour d’autres écologistes le coupable c’est, à n’en pas douter, l’élevage intensif, cible habituelle de l’écologie politique. L’occasion rêvée pour eux d’appeler à un « moratoire immédiat sur les épandages ».

Des contre-vérités qui ont poussé Jean de Kervasdoué à réagir pour déconstruire, sans esprit polémique, le discours idéologique de l’écologie politique. Dans son ouvrage Les écolos nous mentent  (Albin Michel) cet ingénieur agronome, membre de l’Académie des technologies, prend le contre-pied des idées reçues distillées dans l’opinion par Europe Ecologie les Verts. A propos du nucléaire et des rejets de dioxyde de carbone pour la production d’électricité par les centrales il affirme : « La France – ce n’est pas le cas de l’Allemagne – est un pays exemplaire en la matière, car seulement 11,2% de son électricité provient de centrales thermiques à flamme, donc dégageant du CO². Le reste est fourni pour 70,9% par des centrales nucléaires, 9,8% par des barrages, 4,4% par l’éolien et 1,7% par le solaire » précise-t-il, avant d’ajouter que « les éoliennes comme les piles photovoltaïques ne seront jamais la base d’un système électrique, seulement des appoints ».

Et le spécialiste d’expliquer « que l’une comme l’autre sont intermittentes, or nous consommons aussi de l’électricité la nuit quand les piles photovoltaïques ne fonctionnent pas et nous avons besoin d’électricité quand il n’y a pas de vent ». Autre argument et non des moindres, « comme cette énergie (celle du vent ou du soleil) est peu dense, il faut beaucoup d’éoliennes ou des grandes surfaces de panneaux solaires afin de répondre à la demande ». Exemple avec l’éolien : « Pour atteindre la production d’un réacteur nucléaire à eau pressurisée il faudrait installer des turbines sur tout le rivage méditerranéen, de Perpignan à Nice, mais cela ne suffirait pas : il faudrait y ajouter le tour de la Corse (800 kilomètres) pour parvenir à la quantité nécessaire ». Inenvisageable bien sûr !

Il s’insurge tout autant contre les idées fausses concernant les OGM, des plantes qui ont « toutes les caractéristiques de la plante d’origine, plus une ou plusieurs propriétés positives ajoutées » et dénonce les campagnes mensongères contre la déforestation dans le monde au profit de l’agriculture soulignant que « les terres arables (c’est-à-dire labourables) sont passées de 1200 à 1500 millions d’hectares entre 1961 et 2018 » et que ces « 300 millions d’hectares n’ont été pris que partiellement sur la forêt ».

Faire de la protection de l’environnement une cause prioritaire est sans doute indispensable. Le président de la République a fait part de sa volonté de l’inscrire dans la Constitution. Présenté le 20 janvier en conseil des ministres, le projet de loi constitutionnelle devrait être soumis à référendum cette année après son adoption par le parlement.