Islam basta !

La coupe est pleine. Les musulmans – du moins ceux qui parlent en leur nom – dénoncent avec virulence le numéro spécial que Charlie Hebdo sort ce mercredi 6 janvier à l’occasion de l’anniversaire de la tuerie du 7 janvier 2015. On y voit en couverture un dieu barbu armé d’une kalachnikov et à la djellaba tachée de sang qui prend la fuite son forfait accompli. Le tout sous le titre : « Un an après, l’assassin court toujours ».

Abdallah Zekri, président de l’observatoire de l’islamophobie – un bidule qui dépend du Conseil français du culte musulman (CFCM) – laisse éclater sa colère : « Je me sens franchement attaqué » déclare-t-il sur BFMtv. Pourquoi se sent-il visé personnellement ? Il s’avoue même trahi. Cela veut-il dire qu’il avait passé un pacte, un accord avec Riss, le directeur du journal ? C’est ce que nous comprenons bien à travers les propos – supprimés depuis – tenus dans cet interview où il déclare avoir pris connaissance de ce que contenait le numéro spécial. Avez-vous bien lu, bien compris comme moi que ce responsable islamique a voulu s’assurer que ce numéro de Charlie Hebdo tiré à 1 million d’exemplaires serait bien sage, politiquement correct, comme celui qui avait suivi la tragédie sobrement titré « Tout est pardonné !». Une censure islamiste préalable à la publication ?

La démocratie comme modèle de société

Nous aurons l’occasion de revenir sur cet Abdallah Zekri, un extrémiste de l’islam dont le travail consiste à dénoncer tout ce qu’il considère comme des actes anti-musulmans dans la vie de tous les jours. Nous lui rappelons qu’il vit en France. Que la France est une république laïque et que les Français ont choisi la démocratie comme modèle de société. Que dans notre pays la presse est libre. Et que même si l’auteur de ces lignes n’est pas un fan de Charlie Hebdo, qu’il a été souvent irrité, parfois même blessé par le titre et le dessin de la couverture, il est attaché avant tout à la liberté de la presse. « Je ne suis pas d’accord avec ce que vous dites, mais je me battrai jusqu’au bout pour que vous puissiez le dire » disait Voltaire.

Rappelons enfin à ce représentant exalté de la communauté musulmane – il a traité de lâche Dalil Boubakeur, recteur de la grande Mosquée de Paris et président du CFCM – que les frères Kouachi, tout comme Amédy Coulibaly ont agi au nom de l’islam. Que le dessinateur Riss, aujourd’hui à la tête du journal, est un survivant de la tuerie où il a été grièvement blessé. Que ses déclarations tonitruantes sont de nature à inciter d’autres islamistes à passer à l’acte. Que sa responsabilité serait donc nécessairement engagée si, par malheur, un nouveau drame devait se produire. Au lieu de dénoncer le fanatisme des islamistes il préfère, le misérable, s’en prendre à ses victimes. Nous disons, çà suffit ! Islam basta ! comme l’ont hurlé les Corses.