Jusqu’à quand accepterons-nous d’être dirigés par des ânes ?

L’année 2021 démarre bien mal. Faut-il s’en étonner ? Les mêmes causes produisant les mêmes effets, il ne faut pas s’attendre à une quelconque amélioration de la situation catastrophique de notre pays dirigé par une équipe d’incapables et d’opportunistes.

Y-a-t-il un pilote dans l’avion ? Qui tient les commandes du pays ? Les nouvelles de ce début d’année ont de quoi désespérer les Français. Les vaccins sont là, nous dit-on, mais on vaccine au compte-gouttes sans que l’on connaisse les raisons de la lenteur de ce démarrage. De quoi alimenter les rumeurs les plus folles et conforter dans leur détermination ceux qui refusent de se faire vacciner.

Au-delà de son coût en vies humaines – déjà plus de 65 000 morts -et du désastre en vue sur le plan économique avec la disparition de nombreux commerces et petites entreprises, le Covid-19 aura aussi démontré l’incapacité de nos dirigeants à s’organiser face à cette pandémie en réagissant de manière brouillonne et désordonnée.

On se souvient de la volte-face gouvernementale à propos des masques jugés au début inutiles, voire dangereux avant que leur port ne devienne obligatoire sous peine d’amende. Tout çà pour cacher une pénurie consécutive à de l’imprévoyance des pouvoirs publics. Même chose pour les coûteux tests de dépistage pratiqués à petite dose puis à grande échelle, avec beaucoup de retard, et dont l’utilité n’a pas été démontrée. Bien au contraire !

Le pire c’est que nos gouvernants n’apprennent rien de leurs échecs successifs. A aucun moment ils ne reconnaissent leurs erreurs et n’en tirent les leçons ! Si la France était une entreprise, il y a longtemps que son dirigeant aurait été licencié pour incompétence. Rien de tel pour le chef de l’Etat : élu pour cinq ans il peut continuer à exercer le pouvoir sans que son mandat soit remis en cause.

Mépris des règles sanitaires

L’actualité de ce début d’année nous donne une autre occasion de juger de l’incompétence de la classe dirigeante. Qui peut comprendre que des fêtards aient pu organiser une rave-party géante au mépris de toutes les règles sanitaires alors que les Français sont cloitrés chez eux par le couvre-feu en cette soirée du réveillon de la Saint-Sylvestre ?

« Bravade, inconscience, provocation ? » s’interroge le général de gendarmerie (2s) Bertrand Soubelet qui dans Boulevard Voltaire s’étonne, comme tout un chacun, que les forces de sécurité ne soient pas intervenues en amont pour empêcher la tenue de cette fête sauvage. Une circulation importante et inhabituelle de poids lourds et de camionnettes ne passe pas inaperçue dans les rues d’un petit village d’Ille-et-Vilaine de moins de 800 habitants.

Comment expliquer que 2 500 fêtards ont pu s’installer dans des hangars désaffectés après des échauffourées avec les forces de l’ordre au cours desquelles trois gendarmes ont été blessés et un de leurs véhicules incendié ? Pourquoi a-t-on donné comme consigne aux gendarmes mobiles de rester à l’extérieur du périmètre de cette rave-party sauvage ?

On notera que cette « fête clandestine » n’a pris fin que par la décision des organisateurs de l’interrompre au petit matin après 36 heures de musique ininterrompue. Ce qui a permis à nombre de participants de quitter nuitamment les lieux par une sortie dérobée sans être inquiétés par les forces de l’ordre qui n’avaient d’ailleurs pas reçu l’ordre de boucler le secteur. Il va sans dire qu’aucun contrôle sanitaire des participants n’a eu lieu pendant ou à l’issue de cette rave-party géante où le port du masque n’avait rien d’obligatoire. Le bilan des verbalisations communiqué ultérieurement par le ministère de l’Intérieur ne suffit pas à cacher le fiasco de l’opération.

L’autorité de l’Etat a été bafouée

Nombreuses sont les questions qui se posent sur la gestion de cette affaire où l’autorité de l’Etat a été, une fois de plus, bafouée. « L’Etat n’est pas en mesure de faire respecter l’ordre et les décisions qu’il prend » constate avec amertume le général Bertrand Soubelet. Car des consignes strictes avaient été données aux préfets par le ministre de l’Intérieur pour faire respecter le couvre-feu en cette nuit de la Saint-Sylvestre. Ainsi, en cas de « fêtes clandestines », les forces de l’ordre avaient pour ordre d’intervenir « dans les moindres délais ». Bref, une tolérance zéro vis-à-vis d’éventuels contrevenants. En bravant cyniquement cette interdiction, les joyeux fêtards de la « rave-party » d’Ille-et-Vilaine ont ridiculisé le pouvoir à travers son ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin.

Cette non-intervention de l’Etat est un signe de la faiblesse de nos gouvernants. On peut légitimement se poser, a posteriori, la question de savoir ce qu’aurait été la réaction du premier flic de France si les forces de l’ordre avaient dû faire face, non pas à d’inoffensifs fêtards plus ou moins éméchés, mais à des Black-blocs équipés de pied en cap et prêts à en découdre. Aurait-on là aussi donné aux gendarmes l’ordre de se replier ?

Enfin, la mort en moins d’une semaine de cinq de nos soldats au Mali ne peut nous laisser indifférents. A quoi à servi leur sacrifice ? Pour quelle cause ont-ils laissé leur vie dans ces contrées lointaines ? Pourquoi la France est-elle seule à payer le prix du sang contre les djihadistes au Sahel ? « Le vrai problème est politique, il n’est pas militaire » affirme le colonel Jacques Hogard, ancien de la Légion et des Forces spéciales tout en regrettant qu’il n’y ait « pas de stratégie politique pour le Mali ».

Dans quelque domaine que ce soit l’équipe gouvernementale navigue à vue, sans boussole, dans le brouillard le plus complet. Il lui manque un pilote pour lui donner un cap. « Les Français sont des lions menés par des ânes ». Cette célèbre citation de Winston Churchill est d’une brûlante actualité. La classe dirigeante a renoncé à une vision à long terme pour ne gérer que le quotidien des affaires courantes. Il est temps de redresser la tête et de se souvenir que nous portons en nous l’héritage d’un grand et beau pays, la France !