La France championne du monde des impôts

Pour la seconde année consécutive notre pays se classe en tête des pays développés pour la pression fiscale. Pas de quoi être fier !

Les experts de l’OCDE (organisation de coopération et de développement économiques) ont calculé qu’en 2018 la part des impôts par rapport au PIB s’élevait à 46,1%. Bien au-delà de la moyenne mondiale fixée à 34,3%. Un pourcentage rigoureusement identique à celui de l’année précédente qui place la France sur la première marche de ce peu enviable podium juste devant le Danemark.

Certes c’est la première fois depuis une dizaine d’années que le taux de prélèvements obligatoires qui regroupe l’ensemble des impôts, taxes et cotisations diverses n’augmente pas. Il n’en reste pas moins qu’on est encore loin de la réalisation des promesses de campagne du candidat Macron qui s’était engagé à diminuer la pression fiscale dont il reconnaissait qu’elle était trop forte en France.

Pourtant les annonces de baisse d’impôt n’ont pas manqué depuis le début du quinquennat : réforme de la fiscalité des revenus du capital, transformation de l’ISF en IFI, baisse des cotisations salariales dans le privé, suppression progressive de la taxe d’habitation… Le moins que l’on puisse dire c’est qu’elles n’ont pas produit les effets attendus. Et pour cause !

L’art de jongler

Les marges de manœuvre budgétaire sont plus que réduites. Les déficits se creusent. A Bercy les fins limiers du fisc traquent les fraudeurs à partir de logiciels sophistiqués qui croisent différentes données. Comme il faut coûte que coûte tenir les promesses faites aux gilets jaunes qui représentent la bagatelle de 17 milliards d’euros, l’Etat est passé maitre dans l’art de jongler. Ce qu’il donne d’une main il le reprend de l’autre. On rogne les pensions des retraités par l’augmentation de la CSG et, sous prétexte de transition énergétique, on montre du doigt ceux qui roulent au diesel pour leur appliquer une hausse des taxes sur les carburants.

Des mesures impopulaires à l’origine de l’explosion de colère des Gilets jaunes ! Mais le pouvoir à plus d’un tour dans son sac à malices. Il joue avec habileté sur le décalage entre l’entrée en vigueur quasi immédiate des hausses et l’annonce à grands coups de clairon de baisses d’impôts qui seront réparties sur plusieurs années, comme c’est le cas pour la taxe d’habitation promise à la disparition.

Des subterfuges qui permettent seulement de gagner du temps à défaut de convaincre Bruxelles inquiet de voir Macron déroger aujourd’hui à la sacro-sainte règle budgétaire européenne des 3% de déficit. Une règle qu’il avait rigoureusement appliquée en début de mandat à l’époque où il rêvait de prendre le leadership européen et qu’il qualifie aujourd’hui de « débat d’un autre siècle ». il est vrai que la donne européenne a changé depuis son élection et que le couple franco-allemand n’est plus qu’un lointain souvenir !

S’affranchir de cette règle conçue sous Mitterrand pourrait se comprendre si la France, qui est avec l’Italie le pays le plus endetté d’Europe, entreprenait une relance budgétaire. Les taux d’intérêts historiquement bas pourraient lui permettre d’emprunter pour revigorer une économie atone, baisser le chômage et redonner confiance aux ménages français. Tous les économistes le savent, la relance budgétaire peut se faire soit par l’augmentation des dépenses de l’Etat, soit par la baisse des impôts afin de redonner du pouvoir d’achat aux consommateurs. C’est ce qu’a fait Donald Trump aux Etats-Unis !

Cinq millions d’emplois créés

On peut penser et dire ce qu’on veut des frasques et des lubies de l’hôte actuel de la Maison Blanche. Mais sur le plan de l’économie, Macron ferait bien de s’inspirer de ses méthodes pour redresser le pays qui s’enfonce, chaque jour un peu plus, dans la pagaille. En quelques mois, Trump a conduit une réforme fiscale qui a permis une baisse massive des impôts tant pour les entreprises que pour les ménages. Axée sur le patriotisme économique, la relocalisation des entreprises et la dénonciation des accords de libre-échange, notamment celui conclu avec le Mexique, cette réforme, la plus importante jamais menée aux Etats-Unis, a permis une reprise de la croissance, une relance de la consommation et le retour des emplois : plus de 5 millions ont été créés en deux ans.

Le chômage est tombé à moins de 4% et la croissance est au plus haut. Le PIB qui était de 1,2 en 2017 a atteint 3,5 en 2018 et même 4,3 au deuxième semestre 2018. Bien supérieur à ce que prévoyaient les observateurs les plus optimiste ! Un bilan économique à faire pâlir d’envie nos élites qui se contentent de mesurettes pour faire baisser le chômage et restent les bras ballants devant la fermeture des entreprises qu’ils n’ont pas pu empêcher !