La France restera-t-elle encore longtemps à l’écart du grand mouvement de libération des peuples ?

Un vent de révolte souffle sur la planète. De l’Italie au Brésil. Du Danemark à l’Autriche. De la Grande-Bretagne aux Etats-Unis, une énorme vague de protestation populaire bouscule les élites en place et relègue à l’arrière plan les partis traditionnels.

La France n’a pas échappé à ce phénomène en 2017. Les partis de l’establishment ont été éliminés du second tour de la présidentielle. Les électeurs ont accordé leur confiance au chef de file d’un nouveau parti sorti de nulle part. Un choix par défaut, pour beaucoup, face à la candidate du Front national mise hors-jeu après le pitoyable débat de l’entre-deux tours.

L’élection de ce jeune et fringant président traduisait une volonté de rompre avec un système largement discrédité, marqué depuis des décennies par l’alternance régulière au pouvoir de la gauche et de la droite pour mener finalement la même politique décidée par une poignée de technocrates à Bruxelles.

Malheureusement, ce président qui voulait être celui du changement et se revendiquait d’une République exemplaire n’a pas été à la hauteur de l’espoir irrationnel qu’il avait suscité chez ses électeurs et sa côte de popularité s’est effondrée. Un an après son arrivée à l’Elysée Jupiter tombait brutalement de l’Olympe pour atteindre des records d’impopularité. Trente points de perdus un peu plus d’un an après son élection. Du jamais vu pour un président sous la Ve République. Et cela avant l’été meurtrier marqué par l’affaire Benalla et les démissions des poids lourds du gouvernement qu’étaient Nicolas Hulot et Gérard Collomb.

Petites phrases pernicieuses

Une fois de plus, les Français se trouvaient cocufiés. L’homme neuf, le Kennedy français qu’ils avaient porté au pouvoir les décevait. On était loin des promesses de la campagne sur la baisse du chômage, l’amélioration du niveau de vie ou la relance de l’Europe. Tout au contraire les choses s’aggravaient et le mécontentement grandissait dans le pays. Les mesures fiscales prises pénalisaient les retraités, l’insécurité gagnait du terrain et le poids de l’immigration pesait de plus en plus lourd dans la vie quotidienne.

Pire, ce président imprévisible semblait trouver un malin plaisir à dénigrer son pays et ses compatriotes par de petites phrases pernicieuses, prononcées notamment lors de ses déplacements à l’étranger. Et çà « les Gaulois réfractaires aux réformes » ne pouvaient le supporter pas davantage que son mépris vis-à-vis d’eux.

Aussi, lors qu’ils regardent autour d’eux. Qu’ils voient que l’Europe de Bruxelles est au point mort. Que Merkel est condamnée au silence si elle ne veut pas sombrer en même temps que son camp. Que Macron, loin de redonner un nouveau souffle à l’Europe, passe son temps à invectiver ses partenaires Italien et Hongrois, ils se disent que le temps des belles paroles électorales et des illusions est bien fini.

Mais leur espoir renaît quand ils constatent, élection après élection, que les partis populistes bousculent la vie politique dans tous les pays démocratiques. Les raisons en sont à peu près les mêmes partout quand les peuples se sentent abandonnés par des élites totalement coupées du réel et qui ne les écoutent pas : refus de la mondialisation, rejet de la politique migratoire, respect des frontières des états-nations, de l’identité des peuples et de leurs traditions ancestrales.

Vague populiste mondiale

Pourquoi la France resterait-elle à l’écart de cette vague populiste mondiale ? Pourquoi ce qui se passe au Brésil avec le succès annoncé du « capitao » Jair Bolsonaro ne pourrait-il pas se produire dans notre pays ? Sans doute les Français n’en sont-ils pas arrivés au niveau d’exaspération des Brésiliens vis-à-vis de leurs dirigeants corrompus et de la montée sans fin de la criminalité ! Plus sûrement ils ne voient pas parmi les responsables politiques actuels celui ou celle qui pourrait incarner ce changement complet de cap auquel ils aspirent.

Marine Le Pen, Nicolas Dupont-Aignan et Laurent Wauquiez, tous appellent au rassemblement. Mais chacun veut qu’il se fasse autour de lui. Une querelle d’égos ponctuée de petites phrases fielleuses qui n’intéresse pas les Français en colère. Ils ne veulent plus de cette politique politicienne qu’ils ont massivement rejetée en mai 2017. Seuls les dirigeants politiques de la droite ne semblent pas avoir compris le message pourtant clair envoyé par les électeurs à la dernière présidentielle.

Faudra-t-il attendre l’irruption sur la scène politique d’un nouveau venu ? Un homme (ou une femme) dont l’unique ambition soit d’aimer la France et les Français au point de tout leur sacrifier. Un « sauveur de la patrie » comme notre pays en a connu dans son histoire alors qu’il était menacé par des forces étrangères. S’il (ou elle) existe il est urgent qu’il (ou elle) se manifeste avant que la France ne sombre dans le chaos. Des millions de Français seront là pour lui apporter leur soutien.