La laïcité ne suffira pas à endiguer l’islamisme radical

Comment lutter contre le fondamentalisme islamique qui avance à visage masqué ou par des provocations délibérées ? Brandir l’étendard de la laïcité jouera l’effet d’un épouvantail à moineaux pour les uns. Il fera voir rouge aux plus radicaux.

Rappelons d’abord que c’est en 1905 qu’a été énoncé en France le principe de laïcité. Selon la définition du Larousse, il s’agit d’une « conception et organisation de la société fondée sur la séparation de l’Eglise et de l’Etat et qui exclut les Eglises de tout pouvoir politique et administratif et, en particulier, de l’organisation de l’enseignement ». C’est l’article 1er de la constitution française de 1958. Le site internet gouvernement.fr précise : « La laïcité repose sur trois principes et valeurs : la liberté de conscience et celle de manifester ses convictions dans les limites du respect de l’ordre public, la séparation des institutions publiques et des organisations religieuses, et l’égalité de tous devant la loi quelles que soient leurs croyances ou leurs convictions ».

Des principes qui s’adressent à tous les citoyens français de métropole, mais qui ne s’appliquaient pas dans les colonies ni même dans les départements français d’Algérie où, précise Wikipédia « le droit qui s’appliquait faisait une large place aux coutumes locales, y compris en matière de place des cultes, des structures religieuses et de leurs ministres. D’où les problèmes d’intégration en France à partir des années 60 où les immigrés qui pouvaient jusqu’alors publiquement exercer leur religion, sont arrivés en France où il était d’usage tacite de se confondre dans la population ». C’est ainsi que de la tolérance naissent des frustrations qui engendrent chez les descendants un imaginaire victimaire nourri d’un ressentiment post-colonial à l’égard de la France comme le prouve le rappeur franco-algérien Médine. Celui qui a choisi le Bataclan – lieu hautement symbolique où 90 innocents sont tombés sous les balles des islamistes – pour cracher sa haine de notre pays.

Les attentats ont coûté la vie à 250 personnes

Dans ce cas précis le concept de laïcité se heurte à celui de la liberté d’expression. Il pourrait, éventuellement, y avoir débat si nous vivions en temps de paix. Mais avec la menace constante qui pèse sur chacun de nous, comme le démontrent les nombreux attentats qui ont coûté la vie à 250 personnes depuis janvier 2015, autoriser pareil concert reviendrait à bafouer la mémoire des victimes de ce massacre. A les tuer une seconde fois !

Ferdinand Buisson qui fut l’un des pères des lois laïques mettait en garde contre les « concessions de détail,(les) hypocrisies masquées sous le nom de respect des traditions ». A l’époque, c’est l’Eglise catholique qui était dans le collimateur des autorités politiques. Aujourd’hui c’est avec la même rigueur que la laïcité doit s’imposer à l’islam. Avec fermeté et sans compromission ! Pendant trop longtemps on a toléré en France les prières de rue. On a laissé prospérer les discours de haine proférés par des imams étrangers. On a volontairement ignoré les actes antisémites des arabo-musulmans. On a fermé les yeux sur les abattages rituels alors qu’ils ne respectaient pas les normes en matière d’hygiène et de sécurité. On a accepté pour les musulmans, des « accommodements raisonnables » – dixit Juppé – que la laïcité n’aurait pas toléré pour les catholiques.

C’est cet « apartheid confessionnel » dont on paye aujourd’hui le prix fort. Il a fait des musulmans des citoyens à part qui évoluent dans une société parallèle à la nôtre et dans laquelle ils ne se reconnaissent pas. Un sondage de janvier 2017 indiquait que pour 40 % des jeunes musulmans de moins de 25 ans, la charia était au-dessus des lois de la République. Comment s’étonner dès lors que, dans les cités, les profs d’Histoire font l’impasse sur la Shoah et qu’en Sciences ils n’étudient pas la théorie de l’évolution, fondée sur les travaux de Darwin ? Dans la contre-société imaginaire dans laquelle ils évoluent, les frères Kouachi et les tueurs du Bataclan sont regardés comme des « héros » tombés en « martyrs ». Glaçant !

2 comments on “La laïcité ne suffira pas à endiguer l’islamisme radical

Les commentaires sont clos