La petite poule rousse… un conte de Noël à la française

Ronald Reagan a remis ce conte pour enfants au goût du jour dans ses chroniques en 1976. 40 ans après, il n’a pas pris une ride.

Il était donc une petite poule rousse qui grattait le sol de la basse-cour à la recherche de quelques grains de blé. Elle appela ses voisins et leur dit : « Si nous semons ce blé, nous aurons du pain. Qui veut m’aider à le semer ? » « Pas moi », dit la vache. « Ni moi », dit le canard. « Ni moi », dit le cochon. « Pas moi non plus », dit l’’oie. « Eh bien, je le ferai », dit la petite poule rousse. Et elle le fit.

Le blé fut semé, il poussa et mûrit en un beau grain doré. « Qui va m’aider à moissonner mon blé ? », demanda la petite poule. « Pas moi », dit le canard. « Ce n’’est pas dans mes qualifications », dit le cochon. « J’y perdrais mon ancienneté », dit la vache. « J’’y perdrais mes indemnités de chômage », dit l’’oie. « Eh bien, je le ferai », dit la petite poule rousse.

Enfin arriva le moment de faire cuire le pain. « Qui va m’’aider à le cuire ? », demanda la petite poule rousse. « Ce serait des heures supplémentaires pour moi», dit la vache. « J’y perdrais mes allocations sociales », dit le canard. « On ne me l’’a jamais appris », dit le cochon. « Mais si je suis seule à t’’aider, ce serait de la discrimination », dit l’’oie. « Eh bien, je le ferai », dit la petite poule qui fit cuire cinq miches de pain. Elle les montra à ses voisins, et tous en voulurent une part !

Alors, la petite poule dit : « Ah non! je mangerai moi-même les cinq miches. » La vache protesta : « Superprofits ! » Le canard s’’exclama : « Avidité capitaliste ! » L’’oie siffla : « J’’exige l’’égalité des droits. » Et le cochon grommela.

Tous se mirent à peindre le mot “injustice” sur des banderoles et ils défilèrent autour de la petite poule rousse en scandant des horreurs.

Vint un fonctionnaire. « Tu ne dois pas en vouloir trop ! », dit-il à la petite poule. « Mais j’’ai gagné mon pain! », répondit-elle. « C’est vrai, dit le fonctionnaire. Ça, c’’est le merveilleux système de la liberté d’’entreprise : tout le monde peut gagner autant qu’’il le veut. Mais avec nos réglementations sociales, les travailleurs les plus productifs doivent partager le fruit de leur travail avec ceux qui ne font rien. » Et c’’est ainsi qu’’ils vécurent tous ensemble, y compris la petite poule rousse qui souriait et remerciait : « Comme je vous suis reconnaissante, comme je vous suis reconnaissante !… » Mais ses voisins se demandèrent bientôt pourquoi elle ne fit plus jamais cuire de pain……