La reprise économique n’est pas pour demain

Alors que la plupart des pays occidentaux ont retrouvé des couleurs en 2015 avec la reprise de la croissance, la France continue à patiner, reléguée désormais au 6e rang des puissances économiques derrière la Grande-Bretagne.

Pourtant, la conjoncture ne pouvait pas être plus favorable avec une chute vertigineuse du prix du baril de pétrole, des taux d’intérêts historiquement bas et un euro faible… Que se passera-t-il lorsque les taux remonteront ? Des chiffres pour mieux comprendre.

Un taux d’endettement qui atteint 96,9% du PIB

La dette publique atteint 2103,2 milliards. Soit 96,9% du PIB. Malgré un recul de 2,2 milliards au 3e trimestre, le montant de la dette est en hausse de 3,3% sur un an. La France est au 8e rang des pays les plus endettés de l’Europe des 28 juste après l’Espagne et devant la Grande-Bretagne. La dette publique devrait atteindre les 100% du PIB dans les deux ans qui viennent.

Des dépenses publiques en constante augmentation

La France a dépensé plus de 19 milliards d’euros d’argent public en 2015 portant le montant des dépenses publiques à 1245 milliards, soit 57% du PIB. En comparaison l’Allemagne est à 43,5% et le Royaume-Uni à 42,8%.

Un taux de chômage de 10,2%

Le taux de chômage a encore augmenté en 2015 pour atteindre 10,2% de la population active. Pour mémoire il était de 6,8% en 2008, mais c’était avant la crise. Au total, toutes catégories confondues, notre pays compte 6 475 100 chômeurs dont 2 500 000 demandeurs d’emploi de longue durée (un an et plus).

Une pseudo-baisse de l’impôt sur le revenu

Moins d’un ménage sur deux (46%) paye aujourd’hui l’impôt sur le revenu. La suppression de la première tranche a bénéficié à 9,45 millions de foyers soit plus de la moitié des 17 millions de foyers imposables. L’impôt repose aujourd’hui essentiellement sur les classes moyennes supérieures et aisées. 20% des Français ont réglé 75% des 6 milliards de hausses d’impôt décidées en 2013 et 2014. Une explication, sans doute, à l’exil de 50 000 foyers fiscaux à haut revenus chaque année depuis 2012.

Les emplois publics en constante augmentation

La France comptait 5 millions de fonctionnaires en 2001. Elle en compte 400 000 de plus en 2015. Chiffre auquel il faut ajouter les emplois aidés soit 5,6 millions d’agents de la fonction publique au total. Si les effectifs ont tendance à diminuer au niveau de l’Etat, ils augmentent considérablement dans la fonction publique hospitalière et dans les collectivités territoriales où l’on observe des doublons de compétences entre les tranches du millefeuille.

Une croissance plus faible qu’annoncée

La croissance prévue de 1,4% par le gouvernement pour 2015 ne sera pas au rendez-vous. L’Insee a revu ses prévisions à 1,1% en attendant de connaitre le chiffre définitif. Pour 2016 et 2017 la Banque de France a aussi revu à la baisse ses prévisions du fait, notamment, du ralentissement de la croissance mondiale. Ainsi elle n’envisage plus qu’une hausse de 1,4% au lieu de 1,8% en 2016 et de 1,6% au lieu de 1, 9% pour 2017.

Si l’on ajoute à ces chiffres que le niveau de l’emploi dans le secteur privé en 2015 est aujourd’hui le même qu’en 2001 avec 15 848 000 emplois. Que dans le même temps, la France compte 3,6 millions de retraités en plus (36%) et que la population française est passée de 61 à 66 millions d’habitants on comprendra mieux les raisons de ce mal français, aggravé par l’incompétence chronique de ses dirigeants.

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