L’argent ne fait pas toujours le bonheur… de la démocratie!

On le voit bien aujourd’hui encore avec l’affaire Fillon, les problèmes d’argent empoisonnent la politique en France. En dépit des dispositions prises pour tenter d’assainir la situation, la question est loin d’être réglée.

L’argent et la politique. Voilà bien deux réalités contradictoires et qui pourtant paraissent inséparables l’une de l’autre. Aujourd’hui, sans argent un homme politique a peu d’avenir. Pour avoir une chance de se faire entendre il lui faut des ressources financières importantes ! S’il n’est pas milliardaire comme Donald Trump, il doit avoir recours à des « amis » fortunés. A partir de ce moment là, il n’est plus tout à fait un homme (ou une femme) libre de ses faits et gestes. Il est politiquement redevable à ses bienfaiteurs !

Les Français, contrairement à d’autres, ont un rapport compliqué avec l’argent. Un complexe même lié sans doute à leurs racines catholiques. Contrairement aux anglo-saxons de culture protestante. On parle difficilement en France de ses revenus en famille ou avec des amis de crainte, sans doute, de susciter de la jalousie ou, au contraire, de la commisération.

La politique, quand à elle, n’a pas bonne réputation dans notre pays. La dernière étude publiée par le Cevipof en décembre 2016 auprès des jeunes de 18 à 34 ans est éloquente : 99% pensent que les hommes politiques sont corrompus. Les jeunes n’ont jamais été aussi désabusés vis-à-vis de la classe politique. L’affaire Fillon, même si celui-ci sortait blanchi par le parquet national financier, ne les fera pas changer d’avis, bien au contraire.

Pas grand monde n’est choqué qu’un footballeur soit grassement payé par son club ou qu’un animateur de télévision ait des gains mirobolants. Il en ira tout autrement pour un élu. Est-ce seulement du fait qu’il soit rémunéré avec l’argent public pris dans la poche du contribuable ? Sans doute, mais pas seulement. Les héritiers de ceux qui ont aboli les privilèges en 1789 se font une idée tout autre de leurs élus. Il les voudrait irréprochables sur le plan moral, attentifs à leurs demandes, et surtout proches de leurs préoccupations. Tout à la fois élus de proximité et intermédiaires auprès des pouvoirs publics. Un idéal démocratique en sorte.

Revenir aux principes fondamentaux de la démocratie

Or combien de parlementaires jouent véritablement ce rôle aujourd’hui ? Combien parmi les 577 députés remplissent honnêtement leur fonction d’élu. Quel contrôle le peuple peut-il exercer sur le mandat du représentant qu’il a envoyé pour cinq ans à l’Assemblée nationale ? Le système politique actuel qui enferme les élus dans des partis ne permet pas de répondre à cette exigence démocratique.

Sommes-nous, pour autant, condamnés à réélire les mêmes candidats à chaque élection ? Les différentes lois votées ces dernières années sur le financement des partis, la transparence de la vie politique ou le non-cumul des mandats, si elles constituent une avancée notable n’ont pas encore permis d’abolir certaines moeurs politiques.

Pour en finir une fois pour toutes avec ces pratiques dignes de républiques bananières il faudra remettre tout à plat et en revenir aux principes fondamentaux de la démocratie tels que les définissait Abraham Lincoln : le gouvernement du peuple, par le peuple, pour le peuple. Que chacun puisse voter pour le candidat de son choix et que tous les candidats soient traités à égalité de moyens par les pouvoirs publics et les médias. Il faudra aussi redéfinir le statut du député et revoir les avantages et privilèges dont il bénéficie.

A l’heure actuelle plus de 80 personnes se sont déclarées candidates à l’élection présidentielle de 2017. Combien parmi elles obtiendront les 500 parrainages d’élus nécessaires pour participer à cette élection et présenter leur programme ?