Le capitaine de pédalo impuissant face au naufrage du paquebot France

Francois Hollande -janvier 2012 par Matthieu Riegler

On ne passe pas du jour au lendemain de la présidence d’un département à la conduite des affaires d’un pays comme la France, cinquième puissance mondiale. Sinon c’est l’échec assuré !

Le calamiteux quinquennat de François Hollande est là pour nous le rappeler. Candidat par défaut, suite à la mise hors jeu de Dominique Strauss-Kahn, François Hollande sera élu président de la République non pas sur ses compétences qui restaient à démontrer, mais sur le rejet des électeurs pour son adversaire, le président sortant, Nicolas Sarkozy.

Manœuvrier habile, l’ancien premier secrétaire du Parti socialiste qui avait bénéficié d’une chance insolente pour conquérir le pouvoir a cependant réussi à perdre tous ses atouts. Et ce en un temps record. Celui qui se voulait un président « normal » avait cru qu’il pouvait inverser la courbe du chômage. C’est l’audacieux pari qu’il avait fait le 9 septembre 2012. Et il s’était donné un an pour le réussir. On sait ce qu’il en a été et le pays compte aujourd’hui un million de chômeurs de plus qu’à son arrivée à l’Elysée.  « Je n’ai pas eu de bol ! » a-t-il confié, en guise d’excuse, aux journalistes dans le livre de confidences « Un président ne devrait pas dire çà ! »

Est-ce la faute à « pas de chance » s’il a fait entrer Jérôme Cahuzac au gouvernement ? Quelques mois après sa nomination au gouvernement, ne découvre-t-on pas que le ministre du budget en charge de la lutte contre la fraude fiscale possède un compte caché en Suisse qu’il a ensuite fait transférer à Singapour ! Hollande le savait. Il en avait été informé. Il n’a rien fait. Pourquoi ? Qu’espérait-il ? Le scandale qui couvait depuis plusieurs mois éclate en avril 2013 avec les aveux de Cahuzac. Dans la précipitation Hollande va décider toute une série de réformes pour la transparence de la vie publique avec notamment un renforcement de la lutte contre la grande délinquance économique et financière, la déclaration de patrimoine obligatoire pour tous les membres du gouvernement et un projet de loi sur la moralisation de la vie politique. Dans l’opinion les dégâts sont énormes. Pour 77% des Français les élus et dirigeants politiques sont « plutôt corrompus ». Les citoyens n’ont plus confiance dans leurs élites. Un très mauvais point pour la démocratie !

Une justice « sinistrée »

Et que penser de son choix de nommer comme garde des Sceaux, ministre de la Justice, l’ancienne militante indépendantiste Guyanaise Christiane Taubira ? Adepte de la culture de l’excuse, favorable aux peines de substitution plutôt qu’à l’incarcération des délinquants, son laxisme en matière pénale en fera la bête noire des policiers et des gardiens de prison comme de la droite et du FN. En dépit de ses foucades et de son opposition ouverte à Manuel Valls, Hollande la maintiendra prés de quatre ans à son poste. Sans doute lui a-t-il été reconnaissant d’avoir défendu et fait adopter par l’assemblée nationale le projet de loi controversé de mariage pour les homosexuels ! A son départ elle laissera une justice qualifiée de « sinistrée » par son successeur Jean-Jacques Urvoas. Que de temps perdu alors qu’il aurait fallu, sans tarder, ouvrir de nouvelles places dans les prisons surpeuplées !

On mettra aussi au passif de ce quinquennat, mais dans le genre burlesque, la nomination au gouvernement de Thomas Thévenoud. Rappelez-vous ! Thévenoud c’est l’homme qui ne payait pas ses impôts, pas plus que les loyers de son appartement, ses amendes de stationnement, ses factures EDF ou le kiné de ses filles. Négligent ? Pingre ? Malhonnête ? Les trois peut-être. Une simple enquête de moralité aurait dû écarter ce député de Saône-et-Loire de toute responsabilité. Pensez-donc ! Le 26 août 2014 le voilà bombardé secrétaire d’Etat au commerce extérieur, au développement et au tourisme. Poste dont il sera débarqué neuf jours plus tard. Un record sous la Ve République, qui le met ex aequo avec le professeur Léon Schwartzenberg, éphémère ministre de la santé du gouvernement Rocard en 1988. Si Thévenoud a quitté le parti socialiste il a gardé son précieux mandat de député. Ah, comme on est loin de la République irréprochable imaginée par le candidat Hollande !

Désastreux quinquennat

Si les représentants de l’Etat ne sont pas respectables, pourquoi les citoyens respecteraient-ils cet Etat ? Le désastreux quinquennat qui s’achève aura vu l’autorité de l’Etat défiée et gravement mise en cause dans nombre de circonstances. Qui ne se souvient de l’affaire de la taxe poids lourd ou « Ecotaxe » qui provoqua à l’automne 2013 d’importantes manifestations en Bretagne accompagnées parfois de destructions des installations. Sa mise en place sera d’abord gelée par le gouvernement avant d’être repoussée au début 2015 puis finalement suspendue (définitivement ?) par Ségolène Royal devenue ministre de l’environnement ? Autre exemple de l’incurie gouvernementale, l’incroyable feuilleton de Notre-Dame des Landes où l’autorité de l’Etat est bafouée en permanence par une occupation illégale des lieux, où les décisions prises un jour sont remises en cause dés le lendemain et, plus grave encore, quand les désaccords entre les ministres s’étalent au grand jour.

Enfin, dans quel autre pays du monde occidental voit-on des policiers se dresser contre le pouvoir et leurs propres syndicats pour réclamer des mesures fortes afin de mieux lutter contre la délinquance ? Pourquoi, en dépit de manifestations quotidiennes depuis un mois le gouvernement reste-t-il sourd à leurs demandes et à leurs propositions ? Face à l’explosion de la délinquance et à la menace islamiste l’actuel locataire de l’Elysée reste les bras ballants comme un spectateur impuissant devant la montée des périls et les risques pour l’unité de notre pays. Ainsi, dans son livre de confidences « Un président ne devrait pas dire çà ! » ose-t-il s’interroger à propos de l’islam. « Comment peut-on éviter la partition ? Car c’est quand même çà qui est en train de se produire, la partition ». Des propos, parmi d’autres tout aussi graves, qui devraient valoir au « président normal » de passer devant la Haute Cour. N’est-il pas, d’après la constitution, le garant de l’unité nationale et de l’intégrité du territoire ?

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