Le jeu dangereux auquel joue Macron

C’est décidément une obsession chez lui. Macron ne peut s’empêcher de parler de la guerre d’Algérie. Et c’est toujours pour mettre la France en accusation.

La semaine dernière encore, dans l’avion qui le ramenait d’Israël où il avait assisté aux cérémonies commémoratives du 75e anniversaire de la libération du camp d’Auschwitz, il a cru bon de faire un parallèle entre la Shoah et la guerre d’Algérie. « Je suis très lucide sur les défis que j’ai devant moi d’un point de vue mémoriel et qui sont politiques  a-t-il confié à des journalistes. La guerre d’Algérie est sans doute le plus dramatique… Il est là et je pense qu’il a à peu près le même statut que la Shoah pour Chirac ». Des propos indignes, odieux et proprement scandaleux !

Macron est le seul chef d’Etat au monde à critiquer son propre pays. Et il le fait toujours lorsqu’il se trouve à l’étranger. Comment peut-on culpabiliser et humilier à ce point son propre peuple ? Oser comparer l’incomparable, mettre sur le même plan les jeunes appelés du contingent envoyés de l’autre côté de la Méditerranée pour lutter contre les actions terroristes du FLN afin de ramener la paix en Algérie, terre française, et les SS qui raflaient et déportaient vers les camps de la mort des hommes, des femmes, des enfants, des vieillards au seul motif qu’ils étaient juifs ?

Des propos tellement outranciers que l’Elysée a crû nécessaire de faire une mise au point pour en atténuer la portée. « La Shoah est le crime absolu qui ne peut être comparé à aucun autre » a précisé le palais face à la colère qui commençait à s’exprimer dans le pays. « C’est de l’indécence  a protesté Bruno Retailleau, président du groupe LR au Sénat. Après avoir qualifié la colonisation de «  crime contre l’humanité « il fait l’amalgame entre la guerre d’Algérie et le pire génocide de l’histoire humaine ». Même son de cloche de la part de François-Xavier Bellamy eurodéputé (LR) qui parle d’ « indécence absolue. Ces propos, ajoute-t-il, sont à la fois une folie pour l’histoire et la mémoire et une bombe à retardement pour notre avenir ».

Propos indignes et irresponsables

Le jeune historien a immédiatement songé aux ravages de ces mots lourds de sens sur les jeunes issus de l’immigration. En crachant sur la France à partir d’un préjugé idéologique de gauche, Macron apporte de l’eau au moulin de ceux qui haïssent notre pays. Par ses propos indignes et irresponsables il cultive le racisme anti-français, la rancœur et l’esprit de revanche dans les banlieues de l’islam toujours prêtes à s’enflammer. Il joue au pyromane alors que le rôle du Président de la République est de calmer les esprits et de rassembler le peuple.

Franchement, comment peut-on demander à des populations venues d’ailleurs d’aimer un pays qui a un passé aussi chargé ? Où est le fameux « vivre ensemble » ? Qui peut encore parler après ça d’intégration ? Macron déclare craindre les risques de « partition » du pays. Non seulement il ne fait rien pour lutter contre le communautarisme, mais au contraire il encourage et légitime le sécessionnisme identitaire dans ces quartiers où la charia a remplacé les lois de la République. On ne travaille pas à réconcilier la communauté nationale en rouvrant des blessures mal cicatrisées ! Au nom de la repentance le chef de l’Etat sème les germes de la guerre civile qui s’annonce inéluctable.

Mais pourquoi cette mise en concurrence des mémoires ? Pourquoi avoir osé un aussi odieux parallèle ? Excluons d’abord l’idée d’un dérapage. Chez Macron tout est calcul politique. Rien n’est fait au hasard ! Il a donné satisfaction à la communauté juive de France en se rendant en Israël pour commémorer la Shoah, il lui faut rétablir l’équilibre par un geste fort vis-à-vis de l’importante communauté musulmane de France avec laquelle il doit compter pour sa réélection. Et quoi de mieux à lui offrir que la vieille rengaine de la repentance sur la guerre d’Algérie ! Une demande récurrente des Algériens. Et tant pis pour la France, les anciens combattants d’Algérie, les Pieds-Noirs et les harkis chassés de leur terre natale ! Macron a choisi son camp ! Pas celui de l’honneur, certes ! Mais peu importe ! L’honneur n’est pas un mot qui fait partie de son vocabulaire politique.

Reste que tout cela laisse le goût amer d’un président qui porte un costume beaucoup trop grand pour lui et dont on redoute les faux-pas et les déclarations dès lors qu’il se rend à l’étranger. Un chef d’Etat au comportement totalement imprévisible qui se croyait le maître du monde et qui n’arrive même pas à se faire obéir au sein de son propre parti. Quand on voit les dissidences se multiplier dans les villes pour les municipales, on se dit que La Rem, ne signifie plus La République en marche, mais La République en morceaux.