Louis-Georges Tin, l’homme qui veut purifier la France de son passé colonial

Par G.Garitan — Travail personnel, CC BY-SA 4.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=53080768

La langue française est depuis quelques temps le réceptacle des frustrations les plus diverses. Ecriture inclusive, féminisation des noms de métier, de fonction, de grade ou de titre, désexisation des textes institutionnels, elle est aussi maintenant sommée de gommer certains mots de son vocabulaire.

Désormais on ne pourra plus faire appel à un « nègre » pour écrire un livre, mais à un « prête-plume ». Telle est la dénomination retenue par le ministère de la culture qui dans un communiqué « reconnait que l’expression est inappropriée et recommande aux médias et aux professionnels de l’édition de ne plus l’utiliser ».

Pourquoi cette condamnation à mort d’un mot de notre belle langue française par un ministère dont le rôle devrait être au contraire de la protéger? Parce qu’il déplait à un certain Louis-Georges Tin. Si le nom ne vous dit rien sachez seulement que ce quinquagénaire rondouillard préside le conseil représentatif des associations noires(Cran), une association qui mène depuis des années une croisade pour éradiquer de notre patrimoine et de notre histoire tout ce qui pourrait, de prés ou de loin, rappeler le souvenir de l’esclavage et de la colonisation.

Contraint de les débaptiser

C’est ainsi que le Cran constamment à l’affût du moindre os à ronger s’en est pris en 2014 à un chocolatier d’Auxerre qui avait eu l’audace d’appeler « Negro » et « Bamboula », deux de ses spécialités. Horreur et damnation ! Poursuivi en justice le malheureux artisan a été contraint de les débaptiser. Enhardi par ce succès Louis-Georges Tin agissant au nom du « groupe d’intervention contre le racisme », un bidule créé par lui, décide cette même année de s’attaquer à l’album d’Hergé « Tintin au Congo ». Là c’est du lourd coco !

Depuis sa sortie en 1931, la célèbre bande-dessinée a été vendue à des millions d’exemplaires. On lui a fait quantité de procès pour racisme, antisémitisme, misogynie. Bref la totale ! Faute de pouvoir faire interdire ce monument de l’édition, Tin et ses seïdes organisent à quelques jours de Noël 2014 une opération coup de poing dans une grande librairie parisienne pour dénoncer le racisme de la bande dessinée en collant des stickers « Tintin toxique, relents racistes » sur la page de garde des exemplaires en rayon.

L’année suivante l’activiste s’en prend de nouveau à une pâtisserie, à Grasse cette fois. Il juge obscènes et racistes certains personnages en chocolat noir présentés en vitrine et demande à la justice de les interdire. Et le tribunal lui donne raison. Il faudra que le pâtissier fasse appel du jugement pour qu’il retrouve le droit d’exposer et de vendre ses pâtisseries.

Plus récemment, dans le viseur de ce maniaque de l’anti-racisme « Le bal nègre », la célèbre salle de spectacles parisienne emblématique des années folles. Fermé depuis longtemps, l’établissement situé dans le 15e arrondissement doit rouvrir en ce début d’année 2017. Pas question qu’il conserve ce nom décide le grand inquisiteur qui envoie une mise en demeure au nouveau propriétaire pour lui expliquer qu’il doit changer d’enseigne car ce nom est « chargé de connotations insultantes ». Pour avoir la paix le patron finira par céder à la pression et l’ancien club de jazz rouvrira en mars dernier sous un nom politiquement correct, mais totalement insipide : « Le bal Blomet ».

Nostalgie coloniale

Cet été, c’est à Lyon que les fanatiques du Cran ont pris pour cible « La première plantation », un bar situé dans le 6e arrondissement dont les propriétaires sont accusés de vivre dans la nostalgie coloniale. On manifeste, on pétitionne jusqu’au moment où sous la pression de ces enragés de l’antiracisme les infortunés maitres des lieux vont devoir accepter de changer l’enseigne de leur bistrot. Et voilà où nous en sommes dans la France d’aujourd’hui !

On peut se demander jusqu’où peut aller ce délire anticolonialiste, cette obsession maladive de l’esclavage, ce complexe racial qui ronge, à l’évidence, Louis-Georges Tin ? L’explication, on la trouve peut-être dans le « Carnet de route d’un entrepreneur africain dans un monde globalisé ». Se livrant à une analyse lucide de la problématique de ses frères de couleur, il écrit : « Beaucoup de noirs souffrent de sévères traumatismes mentaux et ont un réel problème identitaire et d’estime de soi, mais nous refusons de voir la réalité en face ». Est-ce vraiment le cas pour cet universitaire, agrégé de lettres modernes, docteur es-lettres qui enseigne à l’université d’Orléans ? Ne serait-il pas plutôt le porte-drapeau d’un communautarisme qui se complaît à ressasser -pour en être le pourfendeur- les souvenirs d’une époque révolue en France depuis plus de 150 ans ?

Véritable danger pour la démocratie

Toujours est-il que l’homme est un véritable danger pour la démocratie et la République en tentant de dresser la communauté noire contre la France au nom d’un soi disant antiracisme qui n’est en réalité qu’un racisme anti-français.

Son obsession est de faire disparaitre le mot « nègre » du dictionnaire parce « qu’il faut éradiquer le racisme dont le langage est malgré nous le vecteur ». En tant qu’ancien élève de l’Ecole normale supérieure il devrait savoir que ce mot qu’il maudit vient de l’adjectif latin « niger » qui signifie noir, sombre. Un mot qui a d’ailleurs donné son nom à un grand fleuve et à un pays africain. Faudrait-il donc aussi les débaptiser ?

Il est grand temps que les pouvoirs publics cessent de prendre au sérieux les élucubrations de ce personnage douteux qui se définit comme militant contre le racisme et l’homophobie – oui les deux ne sont pas incompatibles ! – Car avant de prendre la tête du cran en 2013 Louis-Georges Tin s’est illustré comme farouche adversaire de l’homophobie, allant même jusqu’à diriger le dictionnaire de l’homophobie et organiser la journée mondiale contre l’homophobie et la transphobie.

C’est encore lui qui en 2006 à la tête du comité IDAHO lançait un appel pour une dépénalisation universelle de l’homosexualité. Une activité débridée mais qui n’était sans doute pas suffisante pour satisfaire son égo et lui assurer la reconnaissance politico-médiatique que lui procure la lutte antiraciste dans sa version « négritude » et qui le pousse à en faire toujours plus.

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