Macron : ça sent la fin de règne, non ?

Son second quinquennat n’a pas encore débuté que voilà Macron déjà embourbé dans une nouvelle affaire !

Tout finit par se savoir un jour ou l’autre. A force de jouer avec le feu on fini par se brûler les ailes. On se souvient que le candidat Macron avait eu le plus grand mal à se dépêtrer de l’affaire Mc Kinsey, ce cabinet de conseil américain auquel les services de l’Etat avaient fait abondamment appel durant le quinquennat. L’ouverture par le parquet national financier d’une enquête préliminaire pour « blanchiment aggravé de fraude fiscale » avait compliqué la fin de campagne du locataire de l’Elysée. Celui-ci étant accusé par ses adversaires d’avoir bénéficié du soutien de consultants ou anciens consultants de Mc Kinsey lors de l’élection présidentielle de 2017. Un « renvoi d’ascenseur » sur le dos du contribuable.

Or voici qu’éclate une nouvelle affaire qui place à nouveau Macron dans la tourmente. Une enquête menée par un consortium international de journalistes d’investigation révèle que celui qui était ministre de l’Economie entre 2014 et 2016 a favorisé l’implantation d’Uber, le géant américain du VTC en France. D’après des documents internes de la société le futur président de la République a eu 17 rendez-vous en dix-huit mois avec les dirigeants et lobbyistes d’Uber. La plupart d’entre eux ne figurant pas à l’agenda officiel du ministre.

A l’époque la loi Thévenoud réglemente l’activité VTC en France. Uber veut contourner cette loi en développant Uber pop un service qui permet à tout conducteur de devenir chauffeur après quelques heures de formation. Une dérégulation du marché qui va provoquer un important conflit social. Manifestations parfois violentes, agressions de chauffeurs Uber, incendies de véhicules, pour les taxis il s’agit d’une concurrence déloyale. Mais Uber tient bon. Les dirigeants savent qu’ils ont l’oreille du jeune ministre de l’Economie de François Hollande. Ils ne cachent d’ailleurs pas leur joie : « En un mot spectaculaire. Du jamais vu. Beaucoup de boulot à venir, mais on va bientôt danser » se réjouit le chef des lobbyistes de la société après son rendez-vous avec Macron. Que du bonheur ! Le locataire de Bercy se montre d’ailleurs d’une complaisance rare avec les responsables d’Uber au point qu’il leur conseille de rédiger des amendements « clé en main » pour les députés auxquels ils seront confiés.

A ce stade, de nombreuses questions se posent. Comment Macron est-il parvenu à favoriser l’implantation et de développement de la société Uber en France à contre-courant du gouvernement socialiste de l’époque qui s’y opposait ? François Hollande, président de la République était-il au courant des manœuvres de son ministre de l’Economie ? Quelle a été la contre-partie pour Macron de ce pacte secret ? Autant de questions auxquelles la commission d’enquête parlementaire réclamée par l’opposition devra apporter des réponses.

Scandale d’Etat

Car il s’agit, ni plus ni moins, d’un scandale d’Etat dont Macron semble s’être fait une spécialité depuis l’affaire Benalla. Si jusqu’à présent le locataire de l’Elysée est parvenu à passer à travers les gouttes sans trop de dégâts, l’affaire Uber est d’une tout autre gravité. Accusé par Jordan Bardella, président du Rassemblement national de « servir des intérêts privés, souvent étrangers, avant les intérêts nationaux » et par le communiste Fabien Roussel d’avoir agi « contre toutes nos règles, tous nos acquis sociaux et contre les droits des travailleurs » Macron reste fidèle à lui-même : « Je me félicite de ce que j’ai fait » a-t-il déclaré soulignant avoir « créé des milliers d’emplois ».

Ces révélations accablantes pour le pouvoir interviennent dans un contexte politique particulièrement électrique. Certes Macron a été réélu président de la République plus par rejet de son adversaire Marine Le Pen que par adhésion à sa personne. Les électeurs ont eu l’occasion de le lui rappeler lors des législatives au cours desquelles la majorité a perdu une centaine de députés.
A l’inverse, les oppositions, notamment LFI et le Rassemblement national en sont sorti renforcées. N’ayant plus de majorité absolue, mais seulement une majorité relative à l’Assemblée, Macron n’a plus les coudées franches pour mener sa politique. Sauf à se condamner à l’immobilisme pendant tout son quinquennat, il lui faudra composer avec ses adversaires pour trouver des majorités. De belles batailles en perspective dans l’hémicycle avec des députés décidés à donner de la voix. « C’est le cirque ! » déplore-t-on à droite ! « C’est le retour du politique ! » se réjouit-on à gauche ! Une chose est sûre, le second mandat de Macron ne s’annonce pas de tout repos !

Le repos c’est précisément ce dont nous avons tous besoin, chers fidèles lecteurs. Nous vous souhaitons de passer un très bel été avec ceux que vous aimez. Nous vous donnons rendez-vous début septembre.