Marion Maréchal-Le Pen, l’étoile montante du FN

Marion Maréchal-Le Pen

Sous son visage angélique, ses longs cheveux blonds, et son look BCBG Marion Maréchal-Le Pen cache un tempérament bien trempé. En cela elle est bien la petite-fille de Jean-Marie Le Pen. A tout juste 26 ans, la benjamine de l’Assemblée nationale a su s’affirmer à l’occasion de ces élections régionales, avec une identité beaucoup plus libérale et catholique traditionnelle que la ligne officielle du parti.

Elle n’a jamais caché son opposition au mariage de personnes du même sexe en participant aux grandes manifestations parisiennes de 2013. Contrairement à Florian Philippot, le N°2 du FN, elle adhère à la théorie du « grand remplacement » déplorant « le remplacement continu d’une population par une autre qui apporte avec elle ses coutumes, ses valeurs et sa religion ». Un positionnement sur l’aile droite du FN qui lui a permis de ratisser plus large que sa famille politique attirant à elle aussi bien les nationaux-catholiques que les identitaires.

Un gain de 500 000 voix

Ce travail de séduction de publics variés lui a permis de recueillir 886 000 voix, soit 45,22% des suffrages en PACA au second tour, face à Christian Estrosi son adversaire des Républicains. Un gain phénoménal de 500 000 voix par rapport à son grand-père, tête de liste du Front national aux régionales de 2010 qui avait obtenu 30,8% des suffrages. « C’est la plus extrême » et « la plus dangereuse » des Le Pen dit d’elle le nouveau président de la région PACA qui ne l’a emporté finalement que grâce au renfort des voix de la gauche et de l’extrême gauche. A l’inverse Philippe de Villiers qui a eu l’occasion de la rencontrer pendant la campagne ne tarit pas d’éloges : « elle scintille d’intelligence et de sens national » dit-il, avant d’ajouter : « Elle semble avoir l’étoffe et être taillée pour la haute mer ». Un jugement qui a dû ravir son grand-père Jean-Marie Le Pen qui l’avait poussée à se présenter aux élections législatives de 2012 à Carpentras, dans le Vaucluse. Pour le fondateur du Front national il s’agissait de venger l’affront fait au FN vingt-deux ans plus tôt.

Jeter le discrédit sur le FN

Le 10 mai 1990, en effet, on apprenait que des tombes du cimetière juif de Carpentras avaient été profanées. Pire, le corps d’un octogénaire décédé quinze jours plus tôt était retrouvé empalé. Un fait divers qui allait bouleverser la société et provoquer une énorme émotion dans le pays. Un seul coupable était désigné, sans preuve, à l’opinion publique : le Front national et son président Jean-Marie Le Pen. L’enquête démontrera qu’il n’en était rien et que le pouvoir socialiste avait manipulé l’opinion. Il s’agissait de jeter le discrédit sur le FN et de le diaboliser alors que son audience grimpait dans l’opinion. Une diabolisation qui va perdurer pendant de longues années et que les socialistes, Valls-la menace en tête, s’efforcent encore de raviver de manière obsessionnelle. Et toujours avec le même objectif : empêcher à tout prix un rapprochement entre la droite et le Front national. On notera qu’aux élections régionales la liste conduite par Marion Maréchal-Le Pen a obtenu 52% des voix à Carpentras. Le Vaucluse est le seul département de France où le FN a obtenu la majorité absolue avec 51,28% des voix. Une belle revanche pour Jean-Marie Le Pen !