Nathalie Kosciusko-Morizet, la frondeuse

Nathalie Kosciusko-Morizet sur BFMTV le 13 décembre 2015

Nicolas Sarkozy devrait se méfier. En destituant Nathalie Kosciusko-Morizet de son poste de vice-président délégué des Républicains, il vient de s’en faire une ennemie déclarée.

Celle qui l’avait soutenu pour être le candidat de la droite à la présidentielle de 2007 et qui fut sa porte-parole à la présidentielle de 2012 ne cache plus ses intentions d’être candidate à la primaire de la droite en 2016.

Depuis sa nomination en décembre 2014 comme N°2 du parti NKM avait revendiqué sa liberté de parole. Une liberté qui allait parfois à l’encontre de la ligne fixée. En désaccord avec la stratégie du « Ni Front national, ni front républicain » elle ne se cachait pas pour le faire savoir dans ses déclarations à la presse.

Départ précipité

S’en était trop pour Nicolas Sarkozy qui lui a reproché au lendemain du second tour des Régionales «de jouer contre sa famille politique». Son départ qui était prévu à l’occasion d’un remaniement de la direction du parti en janvier a été précipité. Lundi, lors du bureau politique, l’élue parisienne a été écartée de la direction. «Je trouve curieux, au moment où on lance un débat sur la ligne, d’évincer ceux qui ne sont pas d’accord» fait mine de s’étonner la frondeuse. «Ce qui pose problème, explique le patron des Républicains, ce n’est pas sa position, mais elle ne peut pas être numéro 2 et prendre systématiquement le contrepied de décisions prises le plus souvent à l’unanimité».

Sommée de s’excuser

Ce n’est pas la première fois que NKM provoque un esclandre. En avril 2008, interviewée par « Le Monde » à l’occasion d’un débat sur les OGM, la jeune secrétaire d’Etat chargée de l’écologie s’était emportée contre Jean-François Copé, président du groupe UMP à l’assemblée et Jean-Louis Borloo son ministre de tutelle. «J’en ai marre d’être confrontée à une armée de lâches». Des propos qui avaient provoqué des remous au sein du gouvernement et de la majorité  de l’époque. L’accusant d’avoir rompu les règles de la solidarité gouvernementale, François Fillon, Premier ministre, l’avait sommée de présenter des excuses publiques. Elle avait accepté après s’en être expliqué en réunion du bureau politique.