Parler français sur un chantier en France, quelle horreur !

Un véritable tollé. Vous rendez-vous compte ? Vouloir imposer l’usage du français à des travailleurs étrangers sur les chantiers, quoi de plus normal ! Eh bien non vous êtes dans l’erreur ! Pour le politiquement correct, la « clause Molière » est une mesure « discriminatoire », voire « raciste ».

« C’est scandaleux. C’est insupportable. Ca me met hors de moi ! » s’insurge Laurent Berger, secrétaire général de la CFDT. « C’est la marche vers la préférence nationale. On suit les traces du Front national et c’est absolument scandaleux » renchérit Philippe Martinez, patron de la CGT. Au Medef on tient à peu prés le même discours : « Vous commencez comme çà et puis vous commencez à faire du favoritisme, et puis ensuite vous fermez les frontières françaises et puis vous finissez par sortir de l’euro » accuse Pierre Gattaz, le représentant des patrons français. Voilà au moins un sujet sur lequel patronat et syndicats sont d’accord !

C’est en mars 2016, il y a tout juste un an, que Vincent You, adjoint au maire (LR) d’Angoulême et directeur de l’hôpital de Confolens a l’idée d’instaurer la « clause Molière » afin de lutter contre la directive européenne des travailleurs détachés en France. Elle stipule que si les entreprises retenues par appel d’offres sur les chantiers des marchés publics financés par la collectivité ne peuvent garantir l’usage et la compréhension du français par les salariés, elles ont l’obligation de rémunérer un interprète assermenté auprès du tribunal. « En tant que maitre d’ouvrage, je suis responsable de la sécurité du chantier, expliquait l’an dernier Vincent You à Sud-ouest. Comment la garantir si tout le monde ne parle pas la même langue ? Pour moi l’argument est imparable » affirmait-il.

La sécurité est en effet primordiale dans le BTP, un domaine très technique où les plans et instructions doivent pouvoir être compris de tous. La maîtrise du français étant aussi indispensable pour permettre aux différents corps de métiers de dialoguer entre eux. Une clause de simple bon sens pour tenter de réguler le flux massif de travailleurs étrangers dont le nombre officiel est passé de 7500 en 2000 à 286 000 en 2015. Chiffre auquel il faut ajouter au moins autant de travailleurs clandestins. Des départements, Haut-Rhin, Charente, Nord, Vendée, Corrèze. Des villes comme Bourges, Montfermeil, Chalon-sur-Saône. Plusieurs régions, Hauts de France, Normandie, Auvergne-Rhône-Alpes ont adopté la clause Molière sans soulever la moindre opposition. Il faudra que la fameuse clause vienne en discussion devant le conseil régional d’Ile-de-France pour que les passions se déchaînent.

Un désastre économique pour la France

« C’est une tentative d’imposer la préférence nationale » dénoncent les élus d’opposition Front de gauche. Peu leur importe que l’entrée massive de ces travailleurs étrangers détruise des centaines de milliers d’emplois en France ! Que cette main d’œuvre bon marché ne paye aucune cotisation sociale dans notre pays ! « Que des milliers d’entreprises fictives se montent avec une simple boite aux lettres ne les atteint pas, dénonce Natacha Polony dans le Figaro des 18-19 mars. Ce que les préoccupe c’est le racisme sous-jacent, le repli identitaire qu’ils décèlent, non seulement chez les promoteurs de la « clause Molière », mais chez tous ceux qui dénoncent le recours généralisé à des travailleurs des pays de l’Est pour faire baisser le coût du travail ».

Un désastre économique pour la France qui n’émeut pas davantage Bernard Cazeneuve. Le Premier ministre qui croit faire de l’esprit en rebaptisant « clause Tartuffe » cette disposition protectrice des travailleurs français a parlé d’une « mesure ouvertement discriminatoire » le 15 mars devant le conseil économique social et environnemental (CESE), craignant qu’elle entraîne « des mesures de rétorsion à l’étranger » vis-à-vis des travailleurs français.

Quelle hypocrisie ! Qu’elle tartufferie ? Quelle imposture pour celui qui prétend lutter contre le chômage des Français en ouvrant largement les frontières à la main d’œuvre étrangère ? Et que penser du ministre de l’Economie et des Finances qui estime que la clause Molière est « raciste, discriminatoire, inapplicable ». Michel Sapin qui a saisi la direction des affaires juridiques du ministère pour essayer de la faire interdire ! « Consulte ta raison. Prends sa clarté pour guide » conseillait Molière dans une citation célébre. Encore faudrait-il que ces idéologues soumis à l’Europe de Bruxelles soient encore capables de raisonner !