Pépère préfère inaugurer les chrysanthèmes !

« Inaugurer les chrysanthèmes ». C’est ce que sait faire de mieux notre président « normal ». De cérémonie d’hommage en inauguration de plaques il est occupé à plein temps en ce début d’année 2016.

Revenant au pouvoir en 1958, le général de Gaulle avait fustigé les présidents de la 3e et de la 4e République : « Un président de la République n’est pas là pour inaugurer les chrysanthèmes » avait-il lancé dénonçant le rôle uniquement représentatif de ses prédécesseurs dont l’activité principale consistait, persiflait-il, à déposer des fleurs sur les monuments. Pour le fondateur de la 5e République le chef de l’Etat devait aussi intervenir dans la vie politique de la France. Ce qu’il fit en instituant un régime présidentiel. Mais aujourd’hui comme « Pépère » a échoué lamentablement dans tous les domaines, à commencer par la lutte contre le chômage et qu’il se fiche complètement de ses promesses comme candidat, il préfère se consacrer aux cérémonies commémoratives.

Les 80 ans du Front populaire

C’est ainsi, dit-on, que ses services s’activent à préparer la célébration des 80 ans du Front populaire. 1936 avec la nette victoire de la gauche aux législatives des 26 avril et 3 mai. 386 députés (socialistes, radicaux, communistes) sur un total de 608. Un succès spectaculaire. La SFIO, l’ancêtre du PS, devient le premier parti de France avec 147 députés. Léon Blum, nommé chef du gouvernement le 4 juin 1936. C’est le premier gouvernement à dominante socialiste de la 3e République avec de nouvelles têtes Vincent Auriol aux finances, Léo-Lagrange aux sports et loisirs. De jeunes radicaux non-conformistes comme Jean Zay (32 ans) à l’Education nationale et Pierre Cot à l’aviation. C’est aussi la première fois que des femmes sont appelées à occuper des fonctions ministérielles, comme Irène Joliot-Curie, nommée sous-secrétaire d’Etat à la recherche scientifique, alors que, rappelons-le, les femmes ne sont ni électrices, ni éligibles.

Un parti socialiste en position dominante, une gauche unie, des ministres qui laisseront plus tard un nom dans l’histoire, l’arrivée des femmes au gouvernement. Autant de raisons de célébrer avec faste l’anniversaire du Front populaire pour un président en mal de reconnaissance dans lequel l’électorat de gauche a bien du mal à se reconnaitre.

Loi sur le statut de la fonction publique

Mais d’ici le mois de mai, François Hollande aura de quoi s’occuper. Il pourra célébrer le 19 mars prochain le 70e anniversaire de la loi de départementalisation de 1946 qui a donné à la Guadeloupe, la Martinique, la Guyane et la Réunion, le statut de département d’outre-Mer. Une belle occasion de rendre visite à ces Français du bout du monde. Comment passer sous silence le 8 avril 1946, date de la nationalisation du gaz et de l’électricité avec la création de Gdf et Edf ? Il serait inconcevable qu’il ne célèbre pas le 11 octobre le 70e anniversaire de la loi fondatrice de la médecine du travail et le 19 l’adoption de la loi sur le statut de la fonction publique qui reconnaissait aux fonctionnaires le droit de se syndiquer ! Enfin comment pourrait-il ne pas célébrer le 27 octobre le 70e anniversaire de la naissance de la 4e République dont il porte si bien le costume ?

Trouvera-t-il dans cet emploi du temps chargé le temps de se rendre à Verdun ? Verdun la plus longue et la plus dévastatrice des batailles de la 1ere guerre mondiale qui dura du 21 février au 19 décembre 1916. Dix mois au cours desquelles 362 000 soldats français sont morts, ont été blessés ou portés disparus. Il est vrai que l’exercice ne sera pas facile. Comment parler de Verdun sans évoquer le rôle décisif que joua dans cette bataille le maréchal Pétain, celui qui reste dans la mémoire collective comme « le vainqueur de Verdun » ? La politique et l’histoire ne font pas toujours bon ménage.