Plus grave que le coronavirus, les ravages imprévisibles de la paranoïavirus

Faut-il s’en prémunir ou, au contraire, l’ignorer ? Le mystérieux virus parti de Chine et qui a gagné la France provoque la panique dans la population. Plus le gouvernement se veux rassurant plus les Français s’affolent !

On avait déjà eu un avant-goût de la méfiance légitime de nos compatriotes vis-à-vis de la communication de l’exécutif avec l’affaire Lubrizol. Souvenons-nous ! Cette usine de produits chimiques située à Rouen avait brûlé dans la nuit du 26 septembre dernier. Un impressionnant nuage de fumée noire avait traversé la région soulevant l’inquiétude des habitants. Toutes les autorités, jusqu’au chef de l’Etat, avaient cherché à rassurer la population. Mais plus le gouvernement affichait la transparence, plus les citoyens se posaient des questions quand aux conséquences de cette pollution atmosphérique sur leur santé.

C’est un scénario du même type qui a gagné les esprits depuis que les premiers cas de coronavirus ont été détectés en France. Par une série de mesures incohérentes, le gouvernement a provoqué l’angoisse dans le pays. Pourquoi avoir confiné pendant 14 jours à Carry-le-Rouet (Bouches-du-Rhône) des Français rapatriés de Chine alors que les touristes Chinois pouvaient venir librement en France sans aucun contrôle sanitaire à leur arrivée dans notre pays ? Pourquoi avoir interdit d’école des élèves français ayant séjourné dans le nord de l’Italie, région touchée par le virus, alors que, dans le même temps trois mille supporters italiens étaient autorisés à assister à un match de football à Lyon ? Pourquoi fermer un marché public alors que les grandes surfaces restent ouvertes? Pourquoi annuler les grands salons et maintenir les matches de foot et de rugby? Où est la logique dans ces décisions ? Le grand public a du mal à savoir si l’épidémie de Coronavirus est grave ou non.

Consignes d’hygiène

Et comme plus personne n’y comprend rien – à commencer sans doute par nos gouvernants – la panique gagne la population. Les consignes d’hygiène paraissent dérisoires… pour ne pas dire grotesques. En campagne pour les municipales de Paris Agnès Buzyn, ex-ministre de la Santé, ne déclare-t-elle pas à BFM tv : « Je pense qu’à la fin de la semaine les Parisiennes et les Parisiens auront pris l’habitude de ne plus se serrer la main, de se taper le coude ou de se taper le pied et de se sourire… ». Heureusement que le ridicule ne tue plus !

A la radio comme à la télévision on ne parle plus que de cette épidémie. Faut-il ou non mettre un masque de protection et quel genre de masque ? Les experts ne sont pas d’accord. Dans le doute chacun se précipite chez son pharmacien qui comme tous ses confrères est en rupture de stock pour les masques comme pour le gel hydro-alcoolique. C’est l’affolement dans tous les milieux. Les chefs d’entreprises voient l’avenir s’assombrir. Secteurs les plus touchés l’automobile, bien sûr, suite à la chute des exportations, mais aussi l’hôtellerie, la restauration, le tourisme et l’aviation avec la baisse de la fréquentation des passagers en provenance des pays contaminés, sans oublier l’agriculture qui avait trouvé avec la Chine d’importants débouchés pour ses exportations de blé et de porcs.

Au Louvre, le plus grand musée du monde, les gardiens font valoir leur droit de retrait. Puis c’est désormais au tour des chauffeurs de cars de la région parisienne de se réclamer de ce même droit pour protéger leur santé. Principe de précaution oblige !

La psychose collective a même gagné l’Eglise avec les surprenantes consignes données le week-end dernier aux catholiques par la conférence des Evêques de France. Il est demandé aux fidèles de ne pas échanger de poignée de main en signe de paix pendant les messes. Les prêtres ne doivent plus donner la communion sur les lèvres. On vide même les bénitiers par peur de la contamination.

Fermeture des églises

La paranoïa atteint son sommet dans le diocèse de Beauvais (Oise) où l’évêque, après un long entretien avec le préfet, a décidé la fermeture des églises et la suspension des messes dominicales « jusqu’à nouvel ordre ». Des mesures que déplorent nombre de prêtres et de fidèles. L’abbé Matthieu Raffray, prêtre et théologien, ne cache pas son désaccord avec la décision de l’évêque. Dans un article publié sur le site Boulevard Voltaire l’ecclésiastique prend à témoin le passé : « Il me semble qu’à une autre époque… l’évêque de Beauvais serait sorti de sa cathédrale en procession, portant lui-même les reliques du grand Saint-Eloi et accompagné du chapitre des chanoines au grand complet, d’une foule d’enfants de chœur et de tous les paroissiens réunis, en chantant des cantiques et des psaumes pénitentiels à travers la ville, revêtu d’une chape violette en signe de pénitence, pour demander à Dieu sa miséricorde et sa protection, pour implorer l’aide de la Vierge Marie et de tous les saints protecteurs de ce diocèse fondé au IIIe siècle… ».

Des églises fermées, comme sous la Terreur. Mais à quelques kilomètres de là, dans le département de Seine-et-Marne, le parc Disneyland qui reçoit chaque jour des dizaines de milliers de visiteurs reste ouvert au public. Comprenne qui pourra !

Cette incertitude qui se prolonge entraine des comportements irrationnels. Certains commencent à faire des provisions de denrées alimentaires en stockant des pâtes, du riz et de l’eau, comme en temps de guerre, tandis qu’en Martinique des manifestants tentent d’empêcher des croisiéristes de débarquer, s’en prennent à des cars de touristes étrangers ou envahissent les pistes de l’aéroport lors de l’atterrissage d’un avion en provenance d’Italie.

Cela en dit long sur le désarroi de nos compatriotes qui vivent dans la peur et l’angoisse du lendemain dans une France où la confiance dans les dirigeants s’est perdue. Car il faut tout de même savoir raison garder. Au moment où nous écrivons ces lignes le bilan du Covid-19 s’établit pour notre pays à quatre personnes décédées et 204 cas recensés. Des chiffres à mettre en parallèle avec la grippe qui touche chaque année entre 2 et 6 millions de personnes en France et provoque environ 10 000 décès selon les statistiques officielles.