Pour le patron français de l’antiterrorisme, le vrai danger c’est « l’ultra droite »

Ahurissant ! Alors que la France est sous la menace permanente d’attentats terroristes -comme on vient encore malheureusement de le constater à Nice- le directeur général de la sécurité intérieure affirme que le danger vient de « l’ultra droite ».

« Je pense que nous gagnerons contre le terrorisme ; je suis, en revanche, beaucoup plus inquiet de la radicalisation de la société et du mouvement de fond qui l’entraine » a déclaré Patrick Cavar le 24 mai dernier lors d’une audition menée à huis-clos par la commission d’enquête parlementaire relative aux moyens mis en œuvre par l’Etat pour lutter contre le terrorisme depuis les attentats du 7 janvier 2015. Dans cette audition qui figure dans l’annexe de l’épais rapport rendu par les députés le 12 juillet le DGSI ajoute : « C’est ce qui m’inquiète quand je discute avec tous mes confrères européens : nous devrons…dégager des ressources pour nous occuper d’autres groupes extrémistes parce que la confrontation est inéluctable ».

Les députés lui demandent de préciser : « Vous voulez parler de l’extrême droite et de l’extrême gauche ? ». Le patron français du renseignement va droit au but : « L’extrême gauche est dans une autre logique. Vous aurez une confrontation entre l’ultra droite et le monde musulman. Pas les islamistes mais bien le monde musulman », affirme-t-il. Des propos d’une extrême gravité. On peut se demander sur quoi s’appuient ses sombres prédictions ? Quelles preuves a-t-il de ce qu’il avance ? Depuis le 7 janvier 2015 et plus encore depuis les 130 morts du Bataclan et des terrasses parisiennes a-t-on assisté à des représailles vis-à-vis de la communauté musulmane en France ? Des mosquées ont-elles été attaquées ? Des imams agressés ? La police a-t-elle découvert des dépôts d’armes ? A-t-elle interpellé des activistes prêts à passer à l’action ? Patrick Cavar n’a aucune preuve à apporter. Il exprime seulement une inquiétude. « On ne perçoit pas la montée de la colère et on ne voit pas venir l’affrontement entre les communautés qui risque d’être brutal », souffle-t-il. Le patron du renseignement français n’hésite pas à évoquer l’imminence d’« une guerre civile ». « Je pense qu’elle va avoir lieu. Encore un ou deux attentats et elle adviendra » assure-t-il.

La crainte du contre-terrorisme

Le patron de la DGSI avait déjà tenu de semblables propos le 10 mai dernier devant la commission de la Défense nationale : « Les extrémismes montent partout et nous sommes, nous services intérieurs, en train de déplacer des ressources pour nous intéresser à l’ultra-droite qui n’attend que la confrontation ». Décidément une obsession chez le patron du renseignement français qui trahit en fait sa grande fébrilité. Il manque des moyens matériels et humains pour lutter efficacement contre le terrorisme. Avec un effectif de 3 000 fonctionnaires qui doit être porté à 4 000 en 2018, comment suivre les activités de plusieurs milliers-on parle de 11 000- de partisans de Daech en France dont il est «  persuadé qu’ils passeront au stade des véhicules piégés et des engins explosifs et ainsi qu’ils monteront en puissance ». Il estime entre 400 et 500 ceux qui seraient en mesure de « mener des attaques terroristes d’ampleur ». Des attentats comme celui qui s’est produit ce 14 juillet à Nice et dont un bilan provisoire fait état de 84 morts. En fait la crainte du patron de l’antiterrorisme c’est de voir apparaître en France un contre-terrorisme. Des citoyens décidés à prendre les armes pour se défendre devant l’incapacité de l’Etat d’assurer son rôle de protection. Mais pourquoi parler d’ultra-droite, et pas d’un sursaut populaire ? N’y-a-t-il pas, une fois de plus, dans ces propos une volonté politique de stigmatiser des patriotes en vue de les neutraliser. Une tâche infiniment plus aisée que de mettre hors d’état de nuire ceux qui s’attaquent à notre pays pour tenter de le diviser afin de mieux le détruire.