Qatar : en finir avec la politique de gribouille

Le Qatar est depuis longtemps suspecté de financer le terrorisme. Tout le monde le sait, à commencer par nos politiques. Mais les dirigeants français de gauche aujourd’hui, comme de droite hier, continuent à fermer les yeux.  Pire, la France cherche toujours à s’attirer les bonnes grâces du Qatar.  L’argent, dit-on, n’a pas d’odeur. Le sang coule à Paris. Des innocents sont fauchés par des rafales d’armes lourdes dans une salle de spectacles et aux terrasses des cafés, mais les relations entre la France et ce richissime émirat du golfe Persique restent au beau fixe. Pendant que les djihadistes de Daech tuent en France, les affaires continuent… L’implication du Qatar dans son soutien au terrorisme n’est plus à démontrer. En octobre 2012 déjà, Yves Bonnet, ancien patron de la DST, affirmait que le Qatar finançait des réseaux radicaux sur le territoire Français. Plus récemment, en mars dernier, le sous-secrétaire d’Etat américain au Trésor, responsable de la lutte contre le financement du terrorisme, révélait que le Qatar, allié des Etats-Unis, soutenait le Hamas depuis des années.  On retrouve l’argent des qataris derrière les rebelles djihadistes au nord du Mali. Ceux-là même que l’armée française combat depuis trois ans… Où encore en Libye où il entretient des liens très étroits avec des groupes djihadistes, et bien sûr en Syrie et en Irak où il soutient l’EI. Tout cela nos services secrets le savent.

Le gouvernement, à commencer par les ministres directement concernés, Laurent Fabius pour les affaires étrangéres et Jean-Yves Le Drian pour la Défense nationale, en sont parfaitement informés. Mais ils se taisent, feignant de ne rien voir, de ne rien savoir. D’un côté on affirme vouloir lutter contre Daech en bombardant les centres de commandement et d’entrainement des djihadistes en Irak et en Syrie, d’un autre on fait les yeux doux au Qatar qu’on incite même à investir en France où il rachète hôtels de luxe, immeubles sur les Champs-Elysées et plus récemment le grand magasin du Printemps, boulevard Haussmann.

Une politique de Gribouille initiée en 2007 avec Nicolas Sarkozy qui a noué des relations très amicales avec l’émir Hamad Al Thani. Tellement amicales d’ailleurs qu’il n’a pas hésité à accorder en 2008 un régime fiscal particulier aux Qataris en les exonérant de taxes sur les plus-values immobilières. Un avantage non négligeable que François Hollande n’a jamais remis en cause en dépit des graves difficultés budgétaires dans lesquelles se débat notre pays. Pourquoi tant de complaisances à l’égard de ces nababs qui tiennent la dragée haute à nos gouvernants ? Quelles contreparties inavouables cachent-elles ? Certes on sait que l’ancien président de la république se rend très souvent au Qatar pour y donner, notamment des conférences grassement rémunérées. Mais ceci ne saurait justifier cela ! Et que dire encore de ces députés français membres du groupe d’amitié France-Qatar ? Avec ses soixante parlementaires issus de la majorité comme de l’opposition , ce groupe présidé par Maurice Leroy, président du conseil départemental d’Indre-et-Loir et dont fait partie Philippe Vigier, député de la 4e circonscription d’Eure-et-Loir et tête de liste UDI-Les Républicains aux élections régionales, est l’un des plus importants de l’assemblée nationale.

Suite aux événements tragiques qui ont ensanglanté Paris, aucun d’eux n’a cependant jugé utile de démissionner. Ils ont préféré dénoncer le terrorisme…sans vouloir mettre en cause ceux qui financent les djihadistes. Belle hypocrisie ! Il s’est pourtant trouvé un  parlementaire-qui ne fait pas partie de ce groupe- pour s’interroger sur les ressources importantes dont dispose  Daech. Jean-Philippe Poisson, député(PCD) des Yvelines a déposé une proposition de résolution demandant la création d’une commission d’enquête parlementaire sur le financement de ce groupe terroriste. 146 parlementaires, tous de l’opposition, ont appuyé le texte qui a été soumis à l’assemblée nationale dans sa séance du 3 décembre dernier.

Mais comme cela était à craindre, cette commission ne verra pas le jour. La majorité socialiste n’en voulait pas. Elisabeth Guigou, présidente de la commission des affaires étrangères de l’Assemblée nationale, avait fait savoir qu’elle s’opposerait à la création de cette commission. Circulez, il n’y a rien à voir! Pourquoi ce refus de transparence de la part du pouvoir en place? Que craignait-on que l’on découvre sur les soutiens financiers de Daech? Des liens inavouables avec certaines puissances financières, par exemple? Maigre consolation pour les élus de l’opposition.Ils devront se contenter d’une mission d’information. Celle-ci ne concernera pas le financement de Daech, mais ses « moyens d’action ». La politique de Gribouille on vous dit !