Quand la loi de la jungle remplace l’Etat de droit

La tiermondisation gangrène chaque jour un peu plus notre société. Le recul de l’Etat et l’affaiblissement de son autorité mettent désormais en péril la liberté et la sécurité des Français.

Qui ne se souvient de « La France orange mécanique » ? Cet ouvrage de Laurent Obertone paru en janvier 2013 décrivait « l’ensauvagement » progressif de notre pays. C’était bien avant les sanglants attentats du Bataclan et de la Promenade des Anglais. L’ignoble assassinat des policiers de Magnanville et l’horrible meurtre du Père Hamel en l’église de Saint-Etienne du Rouvray. C’était avant que l’état d’urgence soit déclaré en France et que l’on voit des soldats patrouiller dans les rues.

A l’époque on n’imaginait pas qu’un « Etat islamique » allait s’enraciner entre la Syrie et l’Irak. Encore moins qu’il enverrait des commandos suicides pour faire couler le sang dans notre pays, en Europe et ailleurs dans le monde. On ignorait tout autant que des millions d’Africains n’attendaient qu’une occasion pour traverser la Méditerranée afin de gagner le continent européen. Le signal sera donné par l’exode massif des réfugiés Syriens et Irakiens fuyant leur pays ravagé par la guerre.

Cela c’était avant l’irruption de la barbarie sanglante de Daech. Il y a cinq ans… il y a un siècle ! Et Laurent Obertone va devoir rajouter de nombreux chapitres à son livre tant la situation s’est dégradée depuis.

Quelques exemples ? Rien qu’en ce début d’année 2018 alors que le pouvoir macronien est aux affaires depuis neuf mois, le délitement de l’autorité de l’Etat est palpable et se vérifie dans nombre de domaines. Dans le métro parisien, les stations « Marcadet-Poissonnier » (ligne 4) et « Max Dormoy » (ligne 12) ont été carrément abandonnées aux dealers et toxicos amateurs de crack qui exercent depuis des mois leur commerce illicite à même les quais et sous l’œil des caméras de vidéo-surveillance. Pour que les pouvoirs publics bougent enfin, il a fallu que les conducteurs de rames prennent la décision de ne plus desservir ces stations « par sécurité » pour les voyageurs et le personnel de la RATP. Une action relayée au niveau politique par une démarche commune d’Anne Hidalgo et Valérie Pécresse d’accord -une fois n’est pas coutume -pour demander que « des mesures urgentes et sérieuses soient rapidement mises en œuvre ».

Le pouvoir a capitulé en rase campagne

Et que penser de l’attitude du pouvoir dans l’affaire de Notre-Dame des Landes ? Que l’on soit pour ou contre la construction de l’aéroport on ne peut que constater le recul de l’état de droit. En annonçant l’abandon de ce projet vieux d’un demi-siècle, le pouvoir a capitulé en rase campagne. La résistance de quelques centaines de zadistes a prévalu sur 179 décisions de justice et sur la volonté populaire qui s’était exprimée par un referendum local en faveur de la construction d’un nouvel aéroport. C’est la loi de la force qui l’a emporté sur le droit !

L’impuissance du pouvoir est tout autant manifeste sur le dossier de la jungle de Calais qui se reconstitue sitôt qu’elle est démantelée. Comment un état digne de ce nom peut-il accepter les scènes de brigandages qui se déroulent de nuit sur la rocade ? Sans parler des affrontements violents entre migrants comme ceux qui ont opposés Afghans et Erythréens le 1er février dernier faisant une vingtaine de blessés au total dont quatre par balles. « Un degré de violence jamais atteint » a commenté Gérard Collomb, sans se risquer à proposer une solution contrairement à Natacha Bouchart, la maire de Calais qui suggère avec une certaine naïveté « le placement des migrants dans des lieux où ils doivent être encadrés ». Faut-il répéter, une fois de plus, que la solution du problème ne se situe pas en France, mais en Grande-Bretagne pays où veulent se rendre les migrants! Que d’autre part la police française n’a pas vocation à se substituer à celle de sa Gracieuse majesté. Elle a suffisamment à faire par ailleurs !

L’aide de la cité voisine

Enfin, deux affaires survenues récemment à quelques jours d’intervalle viennent illustrer l’inadaptation de notre système judiciaire à la réalité quotidienne. Elles concernent le droit de propriété. La première se déroule à Garges-les-Gonesse (Val d’Oise). Youcef, un retraité de 76 ans qui n’occupe pas régulièrement son pavillon découvre la présence d’une quinzaine de Roms à son domicile. La police ne peut intervenir car, passé un délai de 48 heures, les squatteurs ne peuvent être délogés. C’est la loi ! L’infortuné propriétaire commence alors à entreprendre des démarches pour récupérer son bien. Mais, heureusement pour lui, Youcef va recevoir l’aide de la cité voisine.

Alertés par les réseaux sociaux ils sont venus à une quarantaine avec fusils à pompe et chiens : « Maintenant cassez-vous, on vous donne deux minutes ! » menacent les «  justiciers ». Les Roms préfèrent obtempérer et vider immédiatement les lieux. Une justice expéditive, primitive s’est substituée à la Justice légale. « Quand la justice française est incohérente on utilise la force » souligne le commentaire qui accompagne la vidéo visible sur les réseaux sociaux. Un avertissement sérieux pour le pouvoir !

Serge, lui, ne pourra pas compter sur l’aide de la cité. Cet habitant de Neuilly-sur-Seine âgé de 60 ans était venu à Nice pour rendre visite à son père malade. A son retour il constate que son appartement de 60 m2 est occupé par des squatteurs. Ils sont entrés par effraction, ont changé les serrures, modifié le contrat EDF et se sont installés chez lui. Ils ont même appelé le concierge en se faisant passer pour Serge afin d’obtenir un badge de parking.

C’est ce qui a alerté le gardien qui a aussitôt prévenu Serge. Sûr de son bon droit celui-ci a fait appel aux policiers. Mais le délai de 48 heures permettant à la police d’intervenir en flagrant délit étant dépassé, Serge se voit contraint d’entamer une procédure judiciaire qui sera longue et coûteuse. Car, comme le souligne Laurence Havel de l’Institut pour la Justice « les failles de la législation sont bien connues et utilisées tout à fait sciemment par les squatteurs ». Sait-on par exemple qu’il suffit d’un ticket de livraison de pizza pour se faire reconnaître comme occupant d’un logement ? Choquant et révoltant n’est-ce pas ? Si vous voulez en savoir plus, il vous suffit de consulter sur internet le « Guide juridique de l’occupant sans titre » et vous aurez tous les conseils utiles. Il est plus que temps pour le gouvernement de se pencher sur la question. Le législateur doit impérativement rétablir l’état de droit avant qu’il ne soit trop tard !