Sans abris : une générosité qui coûte cher

Trente-cinq milles personnes sans abri ni ressources sont hébergées chaque nuit dans 550 hôtels de Paris et de sa banlieue. Un chiffre qui a explosé ces dernières années. A tel point que le parc hôtelier est insuffisant aujourd’hui pour répondre aux besoins selon le SAMU social de Paris en charge du problème.

C’est au début des années 90 que l’Etat a opté pour l’hébergement en hôtel des sans-abris. Partant du double principe généreux qu’aucun enfant ne doit dormir dans la rue et qu’il fallait mettre à l’abri les familles démunies, le Samu social, agissant pour le compte de l’Etat, a réservé des chambres dans des hôtels parisiens. « Au début c’était pour 15 jours un mois. Mais le séjour s’est prolongé certains restant une voire plusieurs années » confie à France-Info, Christine Laconde, directrice générale du Samu social de Paris.

Ces personnes, étrangères en grande majorité, sont le plus souvent sans emploi et sans ressources. Bien qu’étant en situation irrégulière dans notre pays, elles ne sont ni régularisables, ni expulsables. C’est le cas de cette jeune guinéenne qui a fui son pays après une excision : « Je suis à l’hôtel depuis juillet 2011, raconte la jeune femme mère de deux enfants en bas âge…Je n’ai personne, pas de famille en France, c’est dur ! ». Autre cas, raconté au micro de France info, celui d’une Algérienne venue en France pour faire soigner son fils handicapé et qui s’est retrouvée sans papier et sans domicile. « Je n’ai pas les moyens de sortir de l’hôtel, explique-t-elle. Si je ne travaille pas comment je peux payer un loyer. En plus on ne peux pas trouver du travail sans être régularisé ». Une situation ubuesque où l’Etat héberge des clandestins aux frais du contribuable français.

Une chambre pour trois personnes coûte environ 1500 euros par mois. Au total l’hébergement hôtelier représente 192 millions sur les 212 millions du budget du SAMU de Paris. Une situation absurde où les familles s’enferment dans un système sans issue et sans avenir car elles sont livrées totalement à elles-mêmes. Clandestins inexpulsables et de plus hébergés gracieusement par l’Etat. Elle n’est pas belle la vie…en France ?