Une défaite au goût de victoire

Ouf la France est sauvée ! Le FN n’a pas réussi à s’emparer d’une seule région. La classe politique s’est sentie soulagée dimanche soir à l’annonce des résultats. Soulagée, mais inquiète tout de même. Jamais le FN n’a rassemblé autant de voix qu’en ce deuxième tour des élections régionales 2015. Et puis, pour le battre ils ont dû s’y mettre à tous pour l’emporter dans le Nord et en région PACA, là où le FN était arrivé très largement en tête au premier tour. Alors, pour une fois il n’y avait pas de triomphalisme dans les déclarations des uns et des autres en ce dimanche soir.

Pas encore complètement remis du coup de massue du premier tour, ils se la jouaient modeste, affirmant qu’ils allaient tenir compte de l’avertissement des électeurs et qu’on allait changer de politique, qu’on allait voir ce qu’on allait voir… que plus rien ne serait comme avant ! Parole… parole.. comme le chantait Dalida. Car les électeurs croient de moins en moins et pour beaucoup plus du tout aux promesses des politiques. A l’inverse ils sont de plus en plus sensibles au discours du Front national, ce parti que Valls le sectaire voudrait interdire. Car l’hystérique de Matignon n’est pas aveugle. Il voit bien qu’en dépit de ses menaces et de ses imprécations, le parti de Marine Le Pen ne cesse de progresser et de s’implanter un peu partout en France. Il doit bien reconnaitre que le vote FN n’est plus seulement un vote de protestation, mais de plus en plus un vote d’adhésion. Que les oubliés du monde du travail des villes mettent dans l’urne le même bulletin bleu-marine que les oubliés du monde rural. Et que la tâche d’huile, loin de se résorber s’étend avec la paupérisation des Français. Et que si l’on additionne les voix de chaque parti on constate que le FN arrive très largement en tête.

« Rien n’arrêtera notre marche » a lancé Marine Le Pen dimanche soir devant ses partisans. La présidente du Front national qui venait d’être battue en région Nord-Picardie par la coalition de tous les partis avait déjà en tête la prochaine bataille, la bataille décisive, celle de l’élection présidentielle. Et le large sourire qu’elle arborait ce soir-là en disait plus long qu’un discours sur sa confiance dans l’avenir !